Le marché des copropriétés est «très proche» de l'équilibre

Les acheteurs seront ravis de savoir que la croissance des prix «ralentit nettement» et que le marché des copropriétés se rapproche sans cesse de l’équilibre dans la région métropolitaine.
Photo: Annik MH de Carufel
Photo: Les acheteurs seront ravis de savoir que la croissance des prix «ralentit nettement» et que le marché des copropriétés se rapproche sans cesse de l’équilibre dans la région métropolitaine. Photo: Annik MH de Carufel

Le marché de la revente a connu un «beau printemps», a indiqué hier la Chambre immobilière du Grand Montréal (CIGM) après avoir constaté d'avril à juin une hausse de 4 % du nombre de transactions par rapport à 2004. Mais les courtiers ne sont pas les seuls à se réjouir: les acheteurs seront ravis de savoir que la croissance des prix «ralentit nettement» et que le marché des copropriétés, composé surtout de condominiums, se rapproche sans cesse de l'équilibre dans la région métropolitaine. De plus, les prix ont légèrement reculé au centre de l'île.

«L'acheteur a un peu plus d'espoir, a dit en entrevue le chef de la direction de la CIGM, Michel Beauséjour. Il n'est pas pris en otage, il y a plus de choix sur le marché et il est capable de mieux négocier.» Au seul chapitre des copropriétés, par exemple, on trouve aujourd'hui sept vendeurs pour un acheteur, alors que l'an dernier c'était seulement quatre pour un. À partir d'un ratio de dix pour un, les spécialistes parlent d'un «marché équilibré» et les prix augmentent généralement à un rythme plus raisonnable.

Pendant que le prix moyen d'une maison unifamiliale s'offrait un gain de 5 % à 228 000 $ dans la grande région, les copropriétés ont terminé en baisse de 1 % à 187 000 $. Bien que cela s'explique surtout par un fléchissement dans une zone très précise au coeur de la métropole, le rapport, écrit conjointement avec la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), indique que «c'est le premier type d'habitation à connaître un léger repli de son prix moyen dans le Grand Montréal depuis 1997».

«La baisse globale de 1 % n'est pas tout à fait énorme encore, a dit M. Beauséjour. Donc, avant de tirer des conclusions sur les origines de ça, je pense qu'il faudra voir les données du troisième trimestre car le marché de l'automne est beaucoup plus solide que l'été. On verra si c'est une question de reports d'achats ou si c'est vraiment le marché qui est comme ça.»

Mais les taux hypothécaires, qui tournent autour de 5,9 % pour un terme de cinq ans, sont relativement faibles. L'activité demeure donc assez forte, ont dit les deux organismes en faisant état d'une hausse de 15 % des ventes de copropriétés. Autrement dit, ce recul de 1 % du prix moyen pourrait créer une fausse impression. «Il ne faut pas voir là une baisse généralisée du prix des copropriétés, mais plutôt l'influence d'un secteur particulier, indique le rapport. L'explication de ce repli se trouve avant tout sur l'île de Montréal, seul grand secteur à enregistrer une baisse du prix moyen des copropriétés.»

Quatre zones précises — qui couvrent un territoire allant de LaSalle jusqu'à Saint-Léonard en passant par le Plateau Mont-Royal et Rosemont — sont désormais des marchés d'équilibre. On y trouve huit vendeurs pour un acheteur. Mais c'est le centre même de cette zone, où l'on trouve Notre-Dame-de-Grâce, Outremont et le Centre-Ouest, qui serait responsable du repli global du prix moyen: après la folie des dernières années, on y a vécu une baisse de prix de 5 % à 297 000 $. Au même moment, d'autres secteurs carburent, comme c'est le cas dans l'ouest de l'île où la hausse était de 20 % ou bien à Saint-Léonard-Anjou avec un bond de 10 %.

Dans l'unifamiliale, où les ventes ont crû de 3 % pour la grande région, l'île de Montréal a observé une hausse de prix de 1 % à 316 700 $ au deuxième trimestre, comparativement à 5 % à Laval (200 000 $) et à 10 % pour la couronne nord (186 000 $). La plus forte augmentation a eu lieu dans le secteur de Saint-Eustache, soit 14 %. Sur la Rive-Sud, la hausse du prix moyen des maisons unifamiliales a été de 8 %.

Quant aux copropriétés, leur prix moyen est demeuré stable à Laval alors qu'il s'est accru de 9 % dans la couronne nord et de 3 % sur la Rive-Sud.

Après quelques années folles, il va sans dire que le marché respire un peu mieux. Dans la grande région métropolitaine, il faut désormais 64 jours pour vendre une maison unifamiliale, contre 54 jours l'an dernier. En ce qui concerne les copropriétés, les ventes se bouclent en 71 jours plutôt que 55. Les propriétés plus chères prennent généralement plus de temps à se vendre: à Laval et dans la couronne nord, par exemple, les unités à plus de 250 000 $ prennent en moyenne 89 et 96 jours à se vendre.

Le prix moyen d'un plex — un édifice à plusieurs logements — dans la grande région a augmenté de 7 % au deuxième trimestre par rapport à l'année dernière et de 9 % pendant la première moitié de 2005 comparativement à 2004.