Le capital de risque sort de la décroissance

Le deuxième trimestre de 2005 dans l'industrie du capital de risque au Québec confirme une tendance encourageante à la reprise après une année 2004 stable à la suite de trois années de décroissance à partir de 2001. C'est la conclusion générale que tire Annie Thabet, présidente de Réseau Capital, qui se réjouit en particulier d'une remontée marquée dans les technologies de l'information, qui avaient été vivement affectées par l'éclatement de la bulle technologique.

Au second trimestre de cette année, 185 millions ont été investis en capital-risque (C-R) au Québec, une augmentation de 8 % par rapport aux 171 millions investis dans le trimestre correspondant de 2004. Par rapport au trimestre de 2005, la croissance fut de 30 %. On peut donc affirmer que l'industrie de capital de risque est sortie de la décroissance depuis un an et demi. C'est le signal le plus encourageant, selon Mme Thabet.

Dans les technologies de l'informations, 25 compagnies ont obtenu 92 millions sur ce total de 185 millions au second trimestre. Leur part a donc correspondu à la moitié de tous les investissements et elle a été le double des 42 millions obtenus l'an passé. Il y a eu une légère augmentation dans les sciences de la vie.

On constate un changement également dans le nombre d'entreprises québécoises qui ont reçu du C-R. Au cours de ce trimestre, 99 compagnies ont obtenu du financement en comparaison de 107 au second trimestre de 2004; il s'agit d'une diminution de 8 %. Il y a eu en revanche des financements plus importants, dont l'un de 25 millions accordé à Simpler Networks. Dans les secteurs de l'électronique, du matériel informatique et des semi-conducteurs, une douzaine de compagnies, dont Positron de Montréal et LYRtech de Québec, ont reçu 41 millions. Le secteur des communications et de la réseautique a suivi de près, alors que quatre entreprises ont obtenu 37 millions.

Par ailleurs, l'activité dans les secteurs traditionnels a fléchi entre avril et juin, alors que 46 millions ont été injectés dans 47 entreprises, une baisse de 36 % sur les 72 millions accordés au second trimestre de 2004. Le quart de la somme est allé dans quelques compagnies, notamment Sido de Granby et Les Entreprises Maska-Laforo de Sainte-Claire.

La tendance générale observée au Québec est la même pour l'ensemble du Canada, sauf que tous les chiffres sont nettement plus gros sur une base canadienne. Au cours du deuxième trimestre, 627 millions ont été investis, une augmentation de 53 % sur le montant du trimestre correspondant de 2004 et de 87 % par rapport aux 335 millions investis au premier trimestre de 2005.

Le total investi au Québec a représenté 30 % du total canadien. La région du Grand Montréal a pesé encore une fois très lourd en absorbant 71 % de tous les investissements, en comparaison d'une part de 58 % en 2004. Les régions de Québec, Hull et Sherbrooke ont obtenu le reste.

Le Québec se distingue par l'importance qu'y occupent les fonds dits fiscalisés, soit le Fonds de solidarité FTQ, Fondaction, Capital régional et coopératif Desjardins et d'autres fonds de détail qui, en 2003 et en 2004, avaient représenté 35 % et 41 % des sommes investies. Au second trimestre de 2004, ces fonds avaient contribué 81 millions et ont atteint 8 % de plus cette année, soit 87 millions ou 47 % du total des investissements. Les fonds américains et étrangers ont contribué 31 millions, l'équivalent de 17 %, les fonds privés ont eu une part de 14 millions ou de 8 % et les fonds gouvernementaux et institutionnels ont poursuivi leur régression avec des investissements de dix et quatre millions respectivement.

Enfin, en ce qui concerne la collecte de fonds, il y a eu comme d'habitude un ralentissement au second trimestre. Dans le premier trimestre au Canada, on avait recueilli un milliard en nouveaux capitaux. Au deuxième trimestre, la collecte n'a rapporté que 155 millions, soit la moitié des 317 millions obtenus au trimestre correspondant de 2004. Grâce en grande partie au Fonds de solidarité FTQ, l'apport des fonds fiscalisés et autres fonds de détail fut de 88 % dans cette collecte d'argent nouveau de 155 millions, dont 84 % revient à des gestionnaires de fonds ayant leur siège social au Québec.

Les statistiques transmises par Réseau Capital ont été compilées par la firme Thomson Macdonald.