L'essence exerce une pression sur l'inflation américaine

Washington — L'inflation a accéléré en juillet aux États-Unis, en liaison directe avec les prix de l'essence qui commencent à peser sur la fréquentation des magasins, selon des chiffres publiés hier.

Les prix à la consommation ont progressé de 0,5 % en juillet par rapport à juin et l'indice de base (hors alimentation et énergie) a augmenté de 0,1 %, a annoncé le département du Travail. C'est une accélération par rapport à juin

(0,4 % pour les prix en général et stabilité pour les prix de base), même si les analystes ont été peu surpris: ils tablaient sur des hausses de 0,4 % et 0,2 % respectivement.

Il n'en reste pas moins que la hausse des prix à la consommation est la plus forte enregistrée depuis avril. Et que sur douze mois, la hausse a atteint 3,2 % tandis que l'indice de base progressait de 2,1 %.

La Réserve fédérale (Fed) avait estimé lors de son dernier comité de politique monétaire que «l'inflation de base est restée relativement basse» ces derniers mois même si «les pressions sur l'inflation demeurent élevées».

Cependant les analystes restent prudents. «Les pressions inflationnistes restent une préoccupation, alors que le taux de chômage s'apprête à passer sous les 5 % et que le prix du baril dépasse 65 $US», estime Drew Matus de Lehman Brothers.

La hausse de juillet s'explique en effet par un bond de 3,8 % des prix de l'énergie (le plus important depuis avril), entraîné par le renchérissement des produits pétroliers: +6,1 % pour l'essence et +8,4 % pour le fioul par exemple. Les cours du pétrole ont très fortement progressé en juillet et la tendance se poursuivait en août, avec un baril au dessus du niveau record de 67 $US en fin de semaine dernière à New York.

La hausse des prix du pétrole a aussi eu des répercussions chez les commerçants. Les ventes des chaînes de magasins ont ainsi reculé de 0,2 % lors de la semaine close le 13 août après -0,8 % déjà la précédente, selon le Conseil international des centres commerciaux (ICSC) et la banque UBS Warburg.

«Les commerçants ont souffert d'un temps plus chaud et de prix de l'essence plus élevés», car ceux-ci «ont bondi à un nouveau record — 2,55 $US le gallon (67 ¢US le litre) — ce qui a encore accentué les inquiétudes des commerçants et des consommateurs», a souligné Michael Niemira, l'économiste en chef de l'ICSC.