Delta, le partenaire d'Air France à la santé fragile

La compagnie aérienne américaine Delta Air Lines, partenaire d'Air France depuis la création de l'alliance commerciale Sky Team en 2000, traverse une tempête sans précédent depuis 2001.

La compagnie basée à Altanta est entrée dans la crise financière avec les attentats américains du 11 septembre 2001. Affectée par la morosité du secteur, Delta Air Lines replonge alors dans le rouge: la perte nette atteint 1,2 milliard fin 2001.

Le transporteur a en effet accusé des pertes nettes pendant plus de dix ans de 1982 à 1995, mais d'une moindre ampleur. En 1982, il a eu recours pour la première fois aux concessions demandées aux personnels: un accord est conclu pour réduire de 30 millions de dollars la facture salariale.

La crise sectorielle de l'après 11 septembre 2001 se prolonge avec l'épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), début 2003 en Asie.

Delta Air Lines traîne une perte de 773 millions à la fin 2003, luttant déjà avec la montée progressive du prix du pétrole et donc de ses coûts en carburant, et faisant également face à une structure de coûts fixes — salaires, retraites et santé — qui la plombe.

Automne 2004: la compagnie évite pour la première fois une mise en faillite grâce à un accord négocié difficilement avec ses personnels. Ces derniers acceptent une réduction de 1,1 milliard de dollars sur les salaires et la suppression de 7000 emplois dans le cadre d'un plan de restructuration sévère visant 5 milliards d'économies pour 2006.

Fin 2004, Delta creuse ses pertes à 5,2 milliards.

Déterminée à réaliser son plan de redressement, la compagnie débute l'année 2005 avec une stratégie tarifaire agressive: elle casse jusqu'à 50 % ses prix sur les vols domestiques, afin de récupérer une clientèle filant vers les compagnies à bas prix. Mais la hausse du trafic en volume de Delta est étouffée par une forte concurrence et par l'envolée des cours du brut: dès mars, Delta brandit le risque de faillite et prévient d'une nouvelle perte nette «substantielle» en 2005, doutant de la possibilité de réaliser son plan d'économies dans un tel contexte.

Fin juin, Delta affiche des pertes nettement réduites à 382 millions, contre deux milliards un an auparavant. Parallèlement, la facture en carburant augmente de 385 millions en un an, et affiche 1,1 milliard rien qu'au deuxième trimestre.