Les suites des attentats terroristes - L'économie mondiale est plus résistante aux attaques terroristes

Washington — Les risques d'attentats terroristes sont devenus une partie intégrante des grandes économies du monde, qui savent désormais mieux résister à des attaques brutales comme celles qui ont frappé Londres jeudi dernier.

«Malheureusement, les sociétés occidentales ont appris à s'attendre à une attaque terroriste à un endroit ou un autre, de temps à autre», souligne la maison de courtage Ryan Beck and Co. dans une étude publiée au lendemain de la vague d'attentats qui a fait 50 morts et 700 blessés, selon un bilan provisoire, dans la capitale britannique jeudi.

Par conséquent, la prime de risque est déjà intégrée dans les calculs des investisseurs, souligne l'étude.

La réaction des marchés financiers ces deux derniers jours en est un exemple flagrant. Dès jeudi, la Bourse américaine s'est reprise après un accès de faiblesse initiale et les marchés européens, y compris Londres, étaient dans le vert vendredi, après les forts reculs de la veille.

Les entreprises, continuellement mises en garde par les autorités, ont également appris à tenir compte de ce risque et tentent de s'en protéger par des plans de secours, qui peuvent limiter les perturbations.

Les leçons du passé

Si tous les experts s'accordent à dire qu'il est extrêmement difficile de mesurer l'impact exact qu'ont ces attaques sur l'économie — à part quelques secteurs très spécifiques comme le tourisme ou le transport aérien —, ils s'appuient sur les leçons du passé pour estimer qu'il est limité.

«De nombreuses personnes s'inquiètent de ce que le terrorisme puisse menacer la reprise aux États-Unis et l'économie mondiale, mais si on prend l'exemple des attentats du 11 septembre, force est de constater que les dépenses étaient plus élevées en novembre qu'en août», soulignent les analystes de Claymore Research.

«Alors que les compagnies aériennes et l'hôtellerie ont souffert pendant des années, d'autres dépenses se sont accélérées et le consommateur américain a rapidement repris ses esprits», rappellent-ils.

Pourtant le bilan en vies humaines (quelque 3000 morts) et le coût économique des attaques du 11 septembre, qui ont touché le coeur financier des États-Unis et fermé la plus importante place financière du monde pendant une semaine, étaient bien plus lourds qu'à Londres et même à Madrid, le 11 mars 2004.

Au regard de l'exemple américain, mais aussi espagnol, les experts jugent que l'économie européenne et même celle de la Grande-Bretagne devraient être peu affectées.

«Alors que le coût humain et la souffrance qui résultent des attentats à la bombe de Londres sont incalculables, nous pensons que l'impact économique sera peu important et temporaire», souligne l'institut de conseil Global Insight.

La défiance

L'effet psychologique que peut avoir ce genre d'attaques sur l'état d'esprit des consommateurs et sur le moral des chefs d'entreprises et donc sur les investissements, est beaucoup plus difficile à apprécier.

«La défiance de la communauté financière comme celle du public empêche les terroristes d'avoir un impact prolongé», juge Divyang Shah, stratégiste d'IDEAglobal à Londres.

Mais tout le monde n'est pas aussi optimiste. Robert Brusca, de FAO-Economics, estime que les investisseurs se montrent trop optimistes après cette nouvelle attaque attribuée par les autorités, comme celles du 11 septembre et de Madrid, au réseau al-Qaïda d'Oussama ben Laden.

«Alors que les explosions n'auront qu'un effet limité dans le temps — pour la plupart d'entre nous —, les effets psychologiques lancinants ne devraient pas être écartés d'office au moment ou al-Qaïda redevient actif», met-il en garde.