Du pétrole québécois?

L'exploitation commerciale d'un premier puits de pétrole au Québec paraît plus proche que jamais. La société Junex croit qu'elle pourrait entreprendre dans les prochains mois l'exploitation commerciale d'un puits à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Gaspé.

Junex, qui jouit de l'appui financier dans ce projet de l'homme d'affaires Bernard Lemaire, a fait part hier des résultats de travaux de stimulation d'un puits — baptisé Galt numéro 3 — situé dans cette région. L'injection de fluides pour créer une pression dans le puits, entre le 24 et le 27 juin, a permis de produire 232 barils de pétrole brut d'«excellente qualité», selon la direction de l'entreprise.

De tels travaux de stimulation dite «massive» n'avaient encore jamais été effectués sur un puits en Gaspésie.

Cette annonce a fait bondir le cours de l'action de Junex à la Bourse de croissance TSXV. Le titre s'est apprécié de 20 % pour clôturer à 1,20 $, après avoir atteint en cours de séance un sommet de 1,45 $.

«Il s'agit d'un brut d'excellente qualité qui ne contient pas de soufre et qu'on peut facilement comparer au brut de référence comme le West Texas», a précisé en entrevue le président et chef de l'exploitation de Junex, Jean-Yves Lavoie.

Junex a précisé qu'une fois le nettoyage du puits terminé — afin de récupérer quelque 430 barils de fluide qui y avaient été injecté —, celui-ci a continué de produire des hydrocarbures pendant toute la journée de lundi, sans aucune présence d'eau. «Le fait qu'il n'y ait pas d'eau est très intéressant, parce que ça veut dire que l'exploitation sera plus facile», a dit M. Lavoie.

Junex entend maintenant installer au fond du puits une pompe ainsi que des jauges de pression. L'entreprise évaluera ainsi pendant une période de deux à quatre semaines la pression au fond du puits, afin d'en établir la réserve ainsi que le débit.

Selon M. Lavoie, l'exploitation commerciale pourrait débuter dans une «une couple de mois».

Dans un premier temps, la direction de Junex envisage d'exploiter trois puits dans cette région, ce qui nécessiterait un investissement d'environ deux millions par puits.

Gros potentiel

«Si la zone recèle tout le potentiel qu'on croit, cela pourrait être beaucoup plus gros», a dit M. Lavoie. «Je crois que le potentiel qui existe en Gaspésie est bien réel et que ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne soit mis en valeur», a-t-il ajouté.

Une fois en exploitation, M. Lavoie estime que les puits gaspésiens pourront offrir à Junex une marge bénéficiaire «très élevée», compte tenu des faibles coûts d'exploitation et des cours actuels du baril de pétrole. «Je pense que les cours ne baisseront pas et que le baril de pétrole est même appelé à prendre davantage de valeur au cours des prochaines années. Quant à l'exploitation, il suffira d'installer une pompe qui fonctionnera au gaz», a dit M. Lavoie.

La participation dans ce projet de Bernard Lemaire, fondateur de Cascades, s'établit à 50 %.

En avril dernier, Junex avait conclu une entente de partenariat avec Pétrolia, une autre société québécoise, dans le but de mettre en commun une partie de leurs ressources et d'accélérer la découverte ainsi que la production de pétrole en Gaspésie. À la suite de cette transaction, les deux entreprises disaient contrôler ensemble environ 65 % de tous les permis d'exploration en Gaspésie.

M. Lavoie a précisé que le site où est situé le puits Galt numéro trois n'appartient toutefois qu'à Junex et M. Lemaire.