Les créanciers de Jetsgo pourraient recevoir jusqu'à 15 % de leur argent

Jetsgo doit de l’argent à plus de 172 000 fournisseurs, employés et clients, dont un grand nombre de voyageurs laissés en plan.
Photo: Agence Reuters Jetsgo doit de l’argent à plus de 172 000 fournisseurs, employés et clients, dont un grand nombre de voyageurs laissés en plan.

Les créanciers de Jetsgo pourraient récupérer entre 11 et 15 % de l'argent qui leur est dû si tous les actifs de la compagnie trouvent preneur et si toutes les réclamations sont valides, a indiqué jeudi le syndic de faillite de la firme RSM Richter, Yves Vincent.

À son avis, la vente des 17 avions Fokker 100, de pièces de rechange et de quelques autres biens du transporteur pourrait rapporter environ 41 millions. La dette de la compagnie aérienne, qui a cessé ses activités le 11 mars dernier s'élève cependant à plus de 270 millions. Ce montant comprend l'argent dû aux locateurs des 14 appareils MD-83. Leur créance n'avait pas été chiffrée auparavant puisque ces sociétés avaient été approchées pour participer à un éventuel redémarrage de Jetsgo.

Jetsgo ne doit que 8,7 millions à des créanciers garantis, qui sont des fournisseurs, dont Rolls-Royce et NordTech/ExcelTech. Les créanciers ordinaires pourraient donc se partager plus de 30 millions.

La compagnie fait cependant face à des recours déposés par Nav Canada et quelques aéroports où elle faisait affaire. Ces institutions souhaitent faire reconnaître leur droit de «saisir et retenir» les avions d'une compagnie en difficulté en remboursement de leurs créances. Cette affaire ne sera toutefois pas réglée avant 2007 puisque son issue dépend d'une éventuelle décision de la Cour suprême dans deux dossiers semblables, ceux de Canada 3000 et d'InterCanadien. Le plus haut tribunal du pays doit se pencher sur la question à partir de l'automne.

D'après M. Vincent, le processus de liquidation prendra vraisemblablement beaucoup de temps. Le transporteur doit en effet de l'argent à plus de 172 000 fournisseurs, employés et clients, dont un grand nombre de voyageurs laissés en plan.

Michel Leblanc

Le fondateur de Jetsgo, Michel Leblanc, assistait à la première assemblée des créanciers qui se tenait jeudi à Montréal. À l'issue de la rencontre, l'homme d'affaires a dit regretter l'échec de son plan de redécollage de l'entreprise. «C'était un dossier très difficile à mener à bien. Ça prenait la collaboration et le support de tous et chacun. Ce n'est pas un dossier où il pouvait y avoir des chicanes alors quand on a vu qu'on ne pouvait pas avoir le support moral et l'appui de certains créanciers, il a fallu laisser tomber», a-t-il expliqué.

Celui que les observateurs qualifient «d'entrepreneur en série» dans le domaine de l'aviation promet de passer l'été à s'occuper de sa famille. «Mais il ne faut jamais fermer la porte complètement» à de nouveaux projets, a-t-il dit.

Fondée au début de 2002, Jetsgo a fait des profits pendant quelques mois avant de s'enfoncer. D'après le rapport du syndic, le transporteur à rabais a perdu 45,8 millions au cours des sept mois terminés le 31 janvier 2005. Son chiffre d'affaires pour cette période s'est établi à 185,3 millions. À cette date, le déficit de son fonds de roulement atteignait 90 millions. En 2004, la société qui n'était pas inscrite en bourse avait réalisé une perte nette de 6,1 millions sur 262,1 millions de revenus.

Jusqu'à maintenant, le syndic a réussi à vendre six Fokker et quelques autres actifs. Ces transactions ont rapporté environ 15,6 millions.