Hydro-Québec divulgue les niveaux d'eau de ses réservoirs

Les données relatives aux niveaux d'eau des réservoirs d'Hydro-Québec témoignent, selon la société d'État, de sa capacité de répondre aux besoins d'électricité de la province jusqu'en 2008.

Les données divulguées hier soir marquent la concrétisation d'un engagement de plus grande transparence qu'avait pris au début du mois de mai le nouveau p.-d.g. d'Hydro, Thierry Vandal.

Sous la direction de son prédécesseur, André Caillé, le niveau des réservoirs était considéré comme une information stratégique qu'il fallait cacher à la concurrence, dans un contexte de déréglementation des marchés de l'électricité en Amérique du Nord.

Hydro-Québec révèle que les niveaux de ses réservoirs se sont sensiblement accrus au cours de la dernière année, après avoir atteint un seuil particulièrement bas en 2004. Les données pour les 13 dernières années indiquent en fait que les réservoirs ont atteint des creux inquiétants en trois occasions au cours de cette période, soit en 1992, 1999 et 2004.

Les niveaux des réservoirs au 1er janvier dernier représentaient l'équivalent d'un stock énergétique de 101,9 terawattheures (TWh), pas très loin des sommets atteints en 1995 puis en 2000. Le stock énergétique, qui est historiquement plus faible au printemps qu'en hiver, s'établissait au 1er mai à 57,5 TWh.

Deux scénarios

Dans ses données, Hydro présente deux scénarios (un cycle 2005-06 et un autre jusqu'en 2008) qui témoignent, selon le porte-parole Sylvain Théberge, de la capacité de la société d'État de répondre à la demande d'électricité du Québec même en cas de faible hydraulicité.

Dans le premier scénario (2005-06), la division Production d'Hydro-Québec affirme qu'elle pourrait livrer à la division distribution le bloc patrimonial de 169 TWh par année même dans un cas où la faible hydraulicité causerait un manque à gagner de 64 TWh.

Elle puiserait notamment l'électricité manquante dans sa marge de manoeuvre (évaluée à 15 TWh) ainsi que dans les importations (cinq TWh) et n'aurait pas besoin de recourir à une exploitation accrue de la centrale thermique de Tracy, dont la production demeurerait limitée à la période de pointe hivernale.

Quant au scénario portant sur la période 2005-08, Hydro-Québec croit qu'elle serait en mesure de faire face à un manque à gagner de 98 TWh sans, une fois de plus, recourir à une production accrue de la centrale de Tracy. La société d'État dit disposer d'une marge de manoeuvre de 34 TWh pour cette période et elle pourrait importer 14 TWh.

«Nous démontrons que pour ces années-là, nous serons en mesure de faire face à un cycle de faible hydraulicité», a dit M. Théberge en entrevue.

En cas d'hydraulicité normale, Hydro prévoit que son stock énergétique atteindra 60,3 TWh au 1er mai 2007 et 60,1 TWh au 1er mai 2009.