Lowe's débarquera au Canada en 2007

Toronto — Le deuxième détaillant de produits de rénovation résidentielle en importance dans le monde, Lowe's Cos., a confirmé hier qu'il allait s'implanter au Canada, mais n'a pas voulu commenter les rumeurs au sujet d'un possible intérêt pour Rona.

L'entreprise, basée à Mooresville, en Caroline du Nord, a dit vouloir ouvrir ses premiers points de vente au pays en 2007. La société compte d'abord établir de six à 10 magasins dans la région torontoise, créant ainsi près de 1700 emplois. Chacun des magasins nécessiterait des investissements de 20 millions. Ses plans à long terme prévoient l'établissement potentiel d'une centaine de magasins au Canada.

L'entreprise a également laissé savoir qu'elle continuera «d'évaluer d'autres occasions d'expansion». Lowe's, fondée il y a 59 ans, compte plus de 1100 magasins dans 48 États américains.

Hier, la direction a promis de faire face à la concurrence — déjà très serrée dans ce secteur au Canada — en offrant un service supérieur et des produits répondant aux besoins uniques des Canadiens. «Le Canada représente un marché unique, et nous sommes convaincus que Lowe's offrira aux propriétaires résidentiels et aux clients commerciaux canadiens une expérience de magasinage des plus attrayantes», a affirmé hier Robert A. Niblock, grand patron de Lowe's.

Trouver une niche

Toutefois, Annette Verschuren, la présidente de Home Depot Canada, le principal rival de Lowe's, n'a pas tardé à répondre au défi en disant qu'il serait «difficile» pour Lowe's de se trouver une niche au Canada et de gruger sa clientèle (de Home Depot) de base bâtie au cours des 11 dernières années. Home Depot, le numéro un mondial de la rénovation domiciliaire, basé à Atlanta, en Géorgie, compte 2000 magasins aux États-Unis, au Canada et au Mexique. «Ce sera difficile pour eux», a dit Mme Verschuren, en soulignant que son entreprise compte déjà 35 magasins dans la grande région de Toronto. «Commencer à Toronto, je crois, n'est pas un exploit facile à réaliser.»

Entre-temps, le groupe québécois Rona, qui compte environ 530 points de vente au Canada, a encore vu le cours de ses actions baisser, hier, après l'annonce des projets de Lowe's. Son titre a perdu 1,83 $, soit 7,1 %, pour se négocier à 23,85 $ à la fermeture. Le titre de Rona avait déjà perdu du terrain la semaine dernière lorsque l'intérêt de Lowe's pour le Canada avait été rapporté par les médias.

La direction de Lowe's n'a pas voulu commenter, par ailleurs, les rumeurs à l'effet qu'elle négocie actuellement avec Rona au sujet d'une fusion ou d'une prise de contrôle. «Nous ne commenterons pas sur des activités telles que celles-là, mais je veux rappeler que notre façon première et traditionnelle de prendre de l'expansion est la croissance interne», a déclaré Gregory Bridgeford, vice-président exécutif responsable du développement des affaires.

Presse canadienne