Trichet vole au secours de l'euro

L’euro est la cible de toutes les attaques depuis les résultats référendaires de Paris et des Pays-Bas.
Photo: Agence Reuters L’euro est la cible de toutes les attaques depuis les résultats référendaires de Paris et des Pays-Bas.

Paris — Le gouverneur de la Banque centrale européenne (BCE) s'est lancé à la défense d'un euro menacé, cible de toutes les attaques depuis les résultats référendaires de Paris et des Pays-Bas. Il a déclaré hier soir sur LCI que l'euro restait une «monnaie solide» et une «grande monnaie internationale» malgré la crise politique provoquée par le rejet de la Constitution européenne par les électeurs français et néerlandais.

«La monnaie unique, c'est vraiment une entreprise gagnante-gagnante», a dit Jean-Claude Trichet. «Nous sommes dans un ensemble dans lequel il n'y a plus de risque de change.»

«L'euro est une monnaie solide, une monnaie qui est au niveau de solidité et de confiance des meilleures monnaies européennes nationales», a-t-il ajouté. «Ce qui permet à tout le monde d'avoir des taux d'intérêt de marché très bas. L'euro est une grande monnaie internationale.»

Il a refusé de commenter les variations enregistrées ces derniers jours par l'euro, à la suite notamment des référendums français et néerlandais. Il a simplement qualifié ces mouvements de «modestes». Il a d'autre part qualifié de «totalement absurdes» des propos du ministre italien du Travail, Roberto Maroni, qui a déclaré dans une entrevue que l'Italie devait envisager d'abandonner l'euro et de revenir à la lire. «Je n'ai pas l'habitude de commenter les déclarations qui sont absurdes», a-t-il insisté.

La veille, un sondage mené pour le magazine Stern indiquait que 56 % des Allemands préféraient avoir leur ancienne devise nationale dans leur portefeuille.

Baisser les taux

Jean-Claude Trichet a rejeté les accusations selon lesquelles le refus de la BCE de baisser ses taux d'intérêt directeurs serait en partie responsable de la faiblesse actuelle de la croissance économique dans la zone euro et du rejet de la Constitution européenne par les Français et les Néerlandais.

Il a souligné que les taux d'intérêt réels courts étaient en Europe «à zéro» en raison d'une inflation de 2 % et que les taux d'intérêt à 10 ans étaient à 3,2 %.

«En étant fidèles à notre mandat, en étant crédibles pour assurer la stabilité des prix, et nous le sommes, nous donnons en même temps à l'économie européenne un environnement monétaire et financier exceptionnellement favorable», a-t-il expliqué.

«Nous faisons tout pour que l'environnement soit le meilleur possible», a-t-il ajouté. «Une bonne politique monétaire est une condition nécessaire de la croissance et de la création d'emploi. Ce n'est pas une condition malheureusement suffisante à elle seule. Mais les taux sont exceptionnellement bas.» Le gouverneur de la BCE a souligné qu'il n'y avait pas de contradiction entre la garantie de la stabilité des prix pour les ménages et un environnement financier «exceptionnellement favorable» pour les entrepreneurs.

«Nous nous sentons responsables [...] de la monnaie européenne, de la confiance dans la monnaie européenne, de la confiance des ménages européens dans le fait que les prix sont et seront dans l'avenir stables», a-t-il expliqué.

Les ménages «ne sont pas tous toujours convaincus que nous avons suffisamment de stabilité. Nous les rassurons», a-t-il ajouté. «Nous avons un message de confiance [...] aux ménages européens: vous pouvez avoir confiance, votre pouvoir d'achat sera préservé.»

D'après Reuters