L'accès à la propriété se complique

L'accès à la propriété au Québec s'est engagé ce printemps sur cette lente érosion annoncée au troisième trimestre 2004. L'offre et la demande étaient pourtant en équilibre au cours des trois premiers mois de 2005, mais la hausse des prix combinée à une croissance plus faible des revenus se traduit par un poids plus lourd du logement dans le revenu des ménages québécois.

«Pour la première fois depuis quatre ans, l'offre et la demande sont proches de l'équilibre, a souligné Allan Seychuk, économiste de RBC. L'accès à la propriété devrait donc être meilleur, mais ce n'est pas le cas, car la hausse des prix des maisons, des coûts des services publics et des impôts fonciers et le ralentissement de la croissance des revenus ont annulé toute amélioration de l'accessibilité.»

Selon cette lecture, l'indice d'accessibilité à la propriété était de 35,5 % au premier trimestre de 2005. Il s'agit d'une détérioration par rapport au taux de 34,5 % du trimestre précédent. Ce taux, qui mesure la proportion du revenu des ménages avant impôts consacrée aux frais de propriété d'une maison individuelle moyenne, se traduit par un versement mensuel de 1426 $ (comprenant capital, intérêts, impôts fonciers et coût des services publics).

Par comparaison, à l'échelle canadienne, l'indice d'accessibilité pour un bungalow individuel type est passé de 36,2 à 36,6 % entre le quatrième trimestre de 2004 et le premier de 2005, pour une mensualité d'environ 1718 $

Revenant au Québec, l'économiste de RBC fait ressortir que l'équilibre observé entre l'offre et la demande vient de «l'afflux de logements qui s'est amorcé au début de 2002, quand le taux de croissance annuel des prix s'est mis à grimper à vive allure. Depuis, le nombre des nouvelles inscriptions a progressé de 29 %, mais la demande n'a pas suivi et les ventes ont baissé de 12 % pendant la même période».

Ce jeu de rééquilibrage s'est fait davantage sentir sur le marché montréalais. «Le ralentissement de la croissance des prix a été légèrement plus marqué à Montréal que dans la province dans son ensemble, puisque les prix n'ont augmenté que de 6,2 % d'une année sur l'autre en mars contre 7,1 % pour le reste du Québec. Mais comme les prix continuent de grimper, l'accessibilité a baissé à Montréal.» Les frais de propriété d'un bungalow individuel absorbaient 34,8 % du revenu avant impôt des ménages, en hausse par rapport aux 33,7 % du quatrième trimestre 2004.

Ce faisant, la mensualité pour une propriété type atteignait 1316 $ à Montréal. En comparaison, l'indice d'accessibilité était de 56,2 % à Vancouver (pour une mensualité de 3231 $), de 42,8 % à Toronto (mensualité de 2318 $), de 32,5 % à Calgary (1115 $) et de 32,1 % à Ottawa (1278 $).

Revente record

Sur le marché de la revente, la Chambre immobilière du Grand Montréal a souligné hier que l'activité sur l'ensemble du territoire couvert avait établi un record en mai, et ce, pour un deuxième mois consécutif. Ainsi, 5122 ventes ont été enregistrées, soit une augmentation de 8 % par rapport à mai 2004. Le volume des ventes a totalisé 1,04 milliard de dollars, en hausse de 14 % sur un an.

Les prix moyens des propriétés unifamiliales vendues en mai ont atteint 313 000 $ à Montréal (hausse de 4 %), 199 000 $ à Laval (6 %) et 189 000 $ en Montérégie (7 %).