Série C: Bombardier maintient ses objectifs

Bombardier maintient toujours son objectif d'une décision de préférence à l'automne, mais sans faute avant la fin de 2005, quant à la construction d'une nouvelle famille d'appareils de 110 à 135 places, la série C. Et cela, même s'il n'est plus possible de s'entendre avec un consortium de motoristes. «On pense que c'est possible d'y arriver avec un manufacturier individuel», soutient Pierre Beaudoin, président et chef de l'exploitation de Bombardier Aéronautique.

M. Beaudoin participait hier matin avec son père Laurent, président du conseil et chef de la direction, et André Navarri, président de Bombardier Transport, à un point de presse téléphonique pour annoncer les résultats du premier trimestre, terminé le 30 avril. Les revenus ont augmenté de 8,7 % pour atteindre 3,8 milliards $US alors que le bénéfice avant impôts et éléments spéciaux s'est élevé à 48 millions comparativement à une perte de 182 millions au trimestre correspondant de l'exercice précédent. Le bénéfice net s'est chiffré à 55 millions comparativement à une perte de 174 millions.

«Nos efforts incessants pour augmenter la rentabilité commencent à porter fruit, malgré les défis importants existant dans certains de nos marchés. Pour atteindre notre objectif visant à renouer avec une rentabilité stable et durable, nous allons maintenir une attention particulière aux coûts et aux besoins des clients en leur offrant en tout temps de meilleurs produits, un meilleur service et un meilleur soutien», a déclaré Laurent Beaudoin dans un communiqué.

Les nouveaux appareils

En conférence téléphonique, les dirigeants de Bombardier n'ont fait aucune déclaration préliminaire et ont invité les journalistes à poser tout de suite leurs questions, dont plusieurs ont d'ailleurs porté sur les nouveaux produits attendus de Bombardier, à savoir la série C. Où en est-on maintenant que se sont retirés des négociations les deux consortiums de motoristes dont on attendait ces moteurs devant permettre des économies de 15 %?

Pierre Beaudoin a réitéré hier qu'il aurait préféré continuer avec un consortium parce que c'était «nouveau» mais que la division aéronautique se sent quand même «très à l'aise avec un manufacturier individuel». Il y en a quatre avec lesquels Bombardier discute, semble-t-il, et «on se connaît très bien», a ajouté M. Beaudoin fils. Celui-ci a par ailleurs affirmé que l'objectif demeure d'avoir un moteur entièrement nouveau et non pas un moteur existant qui serait modifié ou amélioré pour obtenir cette économie de 15 % en matière de coûts de fonctionnement.

Par ailleurs, en ce qui concerne le lancement de la production, la décision doit sans faute être prise «le plus rapidement possible», à l'automne ou alors «vers la fin de l'année», afin d'être en mesure de lancer cette famille d'appareils sur le marché en 2010. Il reste donc une très courte période pour conclure des ententes avec tous les fournisseurs, en particulier le motoriste, et pour recevoir en même temps des commandes fermes de la part des clients. L'an dernier, Bombardier a investi 38 millions dans le développement de la série C, et les dépenses continuent au même rythme cette année avec une accélération d'ici la fin de l'année pour respecter l'échéancier prévu.

Les revenus

En ce qui concerne les résultats du premier trimestre, la division aéronautique a accru ses revenus à 1,9 milliard, soit une augmentation de 9,9 %, alors que le nombre de ses livraisons est passé à 81 comparativement à 71 au premier trimestre 2004. Il y a eu livraison de 41 avions d'affaires et de 40 avions régionaux. Au 30 avril, son carnet de commandes s'élevait à 10,4 milliards, comparativement à 10,2 milliards un an plus tôt. Le profit avant intérêts, impôts et éléments spéciaux (BAIII) de la division aéronautique s'est chiffré à 151 millions, en hausse de 25 millions.

Bombardier Transport a pour sa part haussé ses revenus de 8 %, à 1,8 milliard, et son BAIII s'est élevé à 72 millions, soit 153 millions de plus qu'en 2004. Son carnet de commandes se chiffre à 21,2 milliards. Cette division a poursuivi sa démarche de restructuration conformément à l'échéancier et au budget. Il y a eu réduction nette de 5000 postes à ce jour.