La population en âge de travailler déclinera dès 2013

La population en âge de travailler au Québec déclinera à compter de 2013, selon les projections de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ), qui précise que ce déclin pourrait être atténué par une augmentation du taux d'activité ou de l'immigration.

Le groupe des personnes âgées de 20 à 64 ans, qui devrait culminer à 4,9 millions en 2013, s'effritera sans cesse par la suite. En 2031, cette population ne comptera plus que 4,4 millions d'individus, ce qui équivaut, en nombre, à l'effectif de 1991.

Le maintien de l'évolution démographique récente entraînera ainsi, entre 2011 et 2031, une perte de 475 000 personnes en âge de travailler, représentant 10 % du bassin de main-d'oeuvre au Québec, selon l'ISQ.

En comparaison, la population totale du Québec se dirige vers une croissance de 4 % durant cette période de 20 ans, alors qu'on projette une augmentation de 76 % du nombre de personnes de 65 ans et plus.

«Le déclin le plus intense de la population en âge de travailler surviendra entre 2016 et 2031, période au cours de laquelle se succéderont des générations diamétralement opposées quant à leur taille, a précisé l'ISQ. Les générations nombreuses du baby-boom en sortiront, tandis que s'intégreront les générations les moins nombreuses qui soient nées depuis la crise des années 1930.»

Le Québec sera alors confronté à des difficultés de renouvellement de la main-d'oeuvre, puisque pour chaque tranche de 100 aînés de 60 à 64 ans qui seront en âge de sortir du bassin des travailleurs, on ne trouvera qu'environ 70 jeunes de 20 à 24 ans pour les remplacer.

Limiter le déclin

Dans son étude, l'ISQ évoque quelques scénarios qui permettraient de limiter le déclin de la population en âge de travailler. Ainsi, si le Québec parvenait à hausser son taux d'activité (soit la proportion de gens en âge de travailler qui occupent effectivement un emploi ou qui en cherchent un) au même niveau que l'Alberta, championne canadienne en la matière en 2004, le déclin du bassin de travailleurs serait probablement évité.

«Pour ce faire, des gains substantiels devraient être réalisés chez les personnes de 55 ans et plus», selon l'ISQ, qui précise que le taux d'activité des Albertains de 60-64 ans atteint 55 %, alors qu'il n'est que de 37 % chez les Québécois du même âge. «Cela entraînerait sans doute un report de l'âge à la retraite pour plusieurs travailleurs ou, tout au moins, la poursuite de l'activité dans un autre emploi», a ajouté l'institut.

Un autre scénario montre que le relèvement du niveau d'immigration à 50 000 personnes annuellement, que le Québec n'a franchi qu'en deux occasions depuis 1951, permettrait de hisser jusqu'à un sommet de cinq millions le nombre de personnes en âge de travailler. Ce nombre reculerait ensuite de 253 000 entre 2016 et 2031. On compterait alors 4,8 millions de Québécois en âge de travailler, ce qui équivaut à l'effectif de 2004.