L'appétit des consommateurs fait gagner 2,3 % au PIB

Ottawa — Au trimestre clos le 31 mars, le PIB affiche une progression de 2,3 % comparativement à la même période en 2004, révélait hier Statistique Canada. Aux mêmes trois mois, la progression aux États-Unis était de 3,5 % par an.

Le PIB canadien gagne aussi 0,6 % comparativement au quatrième trimestre 2004, un peu plus que la hausse de 0,5 % observée au 31 décembre versus le trimestre précédent.

Aux derniers trois mois, les dépenses de consommation ainsi que celles des entreprises en équipement et matériel ont favorisé le PIB, comme les exportations qui «ont rebondi après deux trimestres de baisse». Les achats des consommateurs ont grimpé de 1,5 % en écart trimestriel, surtout en des biens durables et semi-durables comme les meubles, les vêtements et chaussures. La consommation «s'est répercutée dans toute l'économie», analyse l'agence fédérale.

En écart mensuel, toutefois, le PIB de mars recule de 0,1 % par rapport à février, après des gains de 0,2 % en février et janvier.

Le groupe Desjardins signale que les dépenses de consommation du trimestre, en écart annuel, ont crû de 6,3 %. La demande intérieure, quant à elle, «demeure exceptionnellement vigoureuse» avec un bond annuel de 5,8 %, le meilleur en près de cinq ans.

Cependant, le surplus de 1,6 milliard du commerce extérieur s'avère «infime par rapport aux 73,9 milliards du premier trimestre 2002». De sorte que la Banque du Canada «jugera sûrement plus prudent de patienter jusqu'à l'automne» avant de rehausser les taux d'intérêt, anticipe le mouvement des caisses populaires.

De son côté, la Banque Laurentienne note la «faiblesse générale du secteur manufacturier», dont 15 des 21 secteurs compilés chutaient en mars par rapport à février, à cause notamment du dollar fort. Mais les importations d'équipement et de matériel montrent que les entreprises «continuent de prendre des mesures» pour améliorer la productivité. Dans ces conditions, la banque centrale «pourra décider de changer les taux d'intérêt sans trop de pression des marchés financiers», commente la Laurentienne.

Par ailleurs, Statistique Canada note que pour un deuxième trimestre de suite, la croissance des industries de services (0,9 % d'un trimestre à l'autre) a été plus forte que celle des industries de fabrication, «dont la production s'est repliée de 0,1 %».

En outre, la montée des dépenses personnelles, l'essor du crédit à la consommation et «la croissance modérée du revenu personnel ont conjointement poussé le taux d'épargne des ménages sous la barre du zéro». Même si les ménages empruntent de plus en plus depuis l'an 2000 (pour le logement entre autres), le rapport du versement d'intérêts au revenu disponible «est demeuré à un creux de 7,6 % comparé au sommet de 9,4 % atteint en 1995».