Le fondateur de Cinar tente d'éviter la saisie de ses biens

Le fondateur de Cinar, Ronald Weinberg, tente de faire renverser une décision de la Cour supérieure du Québec qui a autorisé la semaine dernière la saisie de ses biens personnels en remboursement de sommes dues à son ancienne entreprise.

Après trois ans de tourmente, la maison de production d'émissions pour enfants a été rachetée au début de 2004 par un groupe d'investisseurs torontois dirigé par Michael Hirsh. La société a été rebaptisée Cookie Jar («Boîte à biscuits»). Cette compagnie a obtenu le 24 mai dernier la permission de saisir les biens personnels de M. Weinberg et de son épouse Micheline Charest, décédée l'an dernier après une chirurgie esthétique.

Les créanciers souhaitent notamment établir leur droit sur les comptes bancaires du couple ainsi que sur leur maison de Westmount et leur domaine du lac Memphrémagog. Les actifs visés vaudraient 85 millions.

Les avocats de M. Weinberg contestent l'autorisation de saisie, qu'ils considèrent comme infondée et basée sur «des racontars et des preuves circonstancielles». «Une saisie avant jugement est une mesure exceptionnelle. Il faut avoir des preuves, a fait valoir l'avocate Magalie Fournier, qui représente Ronald Weinberg. Nous croyons que les faits sont insuffisants, qu'il n'y a rien de neuf dans leurs allégations et que certaines d'entre elles sont fausses.»

Ronald Weinberg soutient d'ailleurs que c'est Cinar qui lui doit de l'argent et non l'inverse.

La Cour supérieure du Québec a ordonné la saisie de ses biens à la demande d'un groupe d'avocats embauchés par Cookie Jar pour retracer des sommes appartenant à Cinar et ayant disparu de ses coffres. L'argent récupéré sera remis aux anciens actionnaires de la société productrice des séries Caillou et Arthur.

Hypothèques

Selon le Financial Post, dans la déclaration sous serment de 22 pages soumise en appui de leur demande, les avocats de l'ex-Cinar allèguent que Ronald Weinberg tente de placer les propriétés visées hors d'atteinte en les hypothéquant avec une créance de loin supérieure à l'évaluation municipale. Ainsi, la propriété de Westmount aurait été hypothéquée de quelque quatre millions, soit cinq fois plus que son évaluation municipale de 800 000 $. Et celle du lac Memphrémagog aurait été hypothéquée de 2,9 millions, plus de deux fois sa valeur marchande de 1,3 million. Les avocats de Cinar ont également allégué que ces hypothèques viennent d'une firme appelées ADR Capital Inc., que cette firme pourrait servir de paravent, que l'argent du couple Charest-Weinberg, transféré à l'extérieur du Québec, aurait plutôt servi à grever ces propriétés.

Au total, Cinar réclame directement de Weinberg et de l'ex-chef des finances de Cinar, Hasanian Panju, une somme de 59,3 millions. Elle réclame également 28,4 millions de Panju, Weinberg, Charest et d'une entreprise contrôlée par le couple-fondateur.

Avec la Presse canadienne