Bénéfice record pour la Scotia

La Scotia a complété cette ronde de dévoilement des résultats financiers des banques avec l'annonce d'un bénéfice record au deuxième trimestre. Au total, après six mois, la cuvée 2005 demeure donc un excellent cru pour les six grandes banques, la faiblesse des taux d'intérêt continuant à assurer la santé de leurs activités traditionnelles.

Pour le premier semestre, les six grandes banques canadiennes ont engrangé, au cumul, un bénéfice net de 7,52 milliards, en hausse de 12,9 % sur celui de 6,66 milliards du premier semestre de 2004. Cette performance se traduit par un rendement moyen sur capitaux propres de 20,5 %. Cinq d'entre elles affichent un bénéfice net supérieur au milliard après six mois, mais il revient à la Banque Nationale, en retrait de ce club sélect, d'afficher la meilleure performance sur l'avoir des actionnaires, avec un rendement de 21,8 %, suivie de près par la Scotia (21,6 %) et la CIBC (21 %).

La Banque Scotia a complété le tableau en déclarant hier un bénéfice net de 826 millions, ou de 81 ¢ par action, pour le deuxième trimestre clos le 30 avril 2005, en hausse de 5,4 % sur celui de 784 millions, ou de 75 ¢ l'action, du trimestre correspondant de 2004. Le rendement sur fonds propres s'est chiffré à 22,3 %, contre 21,4 % un an plus tôt. Ces résultats ont permis à l'institution, troisième au pays selon la taille de l'actif, de hausser de 2 ¢ le dividende trimestriel versé sur ses actions ordinaires, qui passe à 34 ¢.

Avec cette contribution, le bénéfice net de l'ensemble des six banques totalise 3,57 milliards au deuxième trimestre, en hausse de 7,9 % sur les 3,31 milliards du deuxième trimestre de 2004.

Au total, après six mois, le bénéfice net de la Scotia atteint 1,61 milliard, ou 1,58 $ par action, contre 1,47 milliard, ou 1,42 $ par action, un an plus tôt. Le rendement sur fonds propres de la période se chiffre ainsi à 21,6 %. Parlant d'un nouveau record, la Scotia a indiqué que «des provisions pour créances irrécouvrables moins élevées ont plus que contrebalancé les gains réduits sur les valeurs mobilières».

Faiblesse des taux d'intérêt

La faiblesse des taux d'intérêt continuant à exercer un effet favorable sur le marché du crédit, «les provisions spécifiques trimestrielles ont été ramenées à leur plus bas niveau depuis bon nombre d'années», a ajouté l'institution. Les provisions pour créances irrécouvrables se sont chiffrées à 35 millions au deuxième trimestre, soit une amélioration de 95 millions par rapport au trimestre correspondant de 2004. Pour les six premiers mois, la provision totale a été de 109 millions, en baisse de 191 millions ou de 64 % comparativement au semestre correspondant de 2004.

«Les opérations de crédit aux particuliers au Canada ont continué d'afficher d'excellents résultats, celles-ci ayant été soutenues par la vigueur des marchés de l'habitation et de la rénovation résidentielle [...] De plus, les opérations internationales ont affiché une solide croissance dans les actifs de crédit aux particuliers au Mexique et dans les Antilles», a renchéri la Scotia.

À l'heure actuelle, l'institution, qui est la plus enracinée des banques canadiennes sur le marché des Amériques, dépasse légèrement ses cibles de 2005, qui visent un rendement sur fonds propres entre 17 et 20 % et une croissance du bénéfice par action de 5 à 10 %. Pour le reste de l'exercice, elle pointe en direction de ce ralentissement ayant marqué la croissance économique mondiale au cours des premiers mois de 2005, qui se poursuivra vraisemblablement jusqu'à la fin de l'exercice. Or, «même si les activités de la zone de l'ALENA ont suivi cette tendance généralisée, leur rythme de croissance global demeurera beaucoup plus marqué qu'en Europe et qu'au Japon». Au Canada, «les coûts d'emprunts qui se maintiennent à des planchers historiques, le dynamisme des placements d'entreprise et des dépenses de consommation soutenues permettent de penser que la croissance se maintiendra en 2005 et ultérieurement».