Jetsgo a l'autorisation de vendre cinq de ses appareils

Le juge François Rolland, de la Cour supérieure du Québec, a autorisé hier la vente de cinq des 15 Fokker 100 qu'exploitait le transporteur à bas prix Jetsgo jusqu'à l'arrêt de ses activités, en mars dernier.

Les appareils ont été achetés par Airfleet Credit Corporation (ACC), une société du Liechtenstein spécialisée dans le financement et la location d'avions aux compagnies aériennes. La livraison des appareils est prévue pour la mi-mai.

Le prix de vente est confidentiel. Lors de son dernier passage devant le tribunal, il y a deux semaines, le contrôleur Yves Vincent disait cependant espérer tirer quelque 13,5 millions de la vente de six appareils.

Le dernier serait acquis par une filiale de Ford. Au départ, cette compagnie se serait dite prête à payer jusqu'à 3,5 millions pour ce seul avion qui demeure immobilisé à l'aéroport de Québec. D'après M. Vincent, l'inspection est presque complétée et la vente devrait être conclue sous peu.

Jetsgo tente toujours de se départir d'une dizaine d'autres avions semblables au meilleur prix possible. L'argent récolté pourrait servir à payer une partie de ses dettes de 108 millions. Il pourrait aussi servir à financer une éventuelle relance.

Le président et fondateur de l'entreprise, Michel Leblanc, rencontre ces jours-ci des grossistes en voyages afin de mesurer leur intérêt pour des services de transport nolisés. Le nouveau Jetsgo exploiterait entre huit et 14 avions, des MD83.

S'il veut réussir son redécollage, le transporteur devra satisfaire aux exigences des autorités réglementaires fédérales, qui menacent de suspendre son certificat d'exploitation aérienne en raison de problèmes de sécurité.

Recours des pilotes

Jetsgo devra aussi s'entendre avec ses pilotes, à qui elle doit quelque 2,7 millions. Pour être embauché chez Jetsgo, chacun d'entre eux devait obligatoirement verser 30 000 $ en espèces au transporteur. Cette somme, que la compagnie s'engageait à rembourser graduellement devait servir à payer sa formation et à garantir sa loyauté pendant deux ans. Après la débandade de l'entreprise, plusieurs se sont retrouvés non seulement au chômage, mais aussi très endettés.

Leurs avocats ont demandé hier au juge Rolland d'ordonner à la compagnie de leur redonner immédiatement ce montant qu'ils considèrent comme «un dépôt de garantie» et non comme une créance.

À défaut d'un remboursement, ils souhaitent obtenir un droit prioritaire pour le recouvrement. Le juge a pris la question en délibéré.

Jusqu'à maintenant, Jetsgo a réussi à convaincre ses principaux créanciers de l'appuyer dans sa démarche de restructuration. Elle espère reprendre du service à temps pour la saison estivale.