La Banque Nationale salue les propos de David Dodge sur les fusions

«Au Canada, si on permettait des fusions bancaires bien organisées avec un Bureau de la concurrence doté d’un pouvoir accru, ça serait bénéfique pour les consommateurs [...]», a affirmé hier le président et chef de la direction de la Banque Na
Photo: Pascal Ratthé «Au Canada, si on permettait des fusions bancaires bien organisées avec un Bureau de la concurrence doté d’un pouvoir accru, ça serait bénéfique pour les consommateurs [...]», a affirmé hier le président et chef de la direction de la Banque Na

Le patron de la Banque Nationale du Canada n'a pas hésité hier à appuyer les récentes prises de position du gouverneur de la banque centrale, David Dodge, dont les réflexions devant deux comités parlementaires cette semaine laissent croire qu'il n'est pas défavorable aux fusions bancaires.

«Ça va dans le sens de ma pensée aussi», a indiqué en point de presse le président et chef de la direction de la Banque Nationale, Réal Raymond, après une allocution devant l'Association des MBA du Québec. Son institution est la sixième en importance au Canada et la deuxième au Québec derrière le Mouvement Desjardins.

«Au Canada, si on permettait des fusions bancaires bien organisées avec un bureau de la concurrence doté d'un pouvoir accru, ça serait bénéfique pour les consommateurs car on permettrait à des concurrents comme la Nationale, les caisses d'économie, le Mouvement Desjardins ou des banques de petite taille de prendre de l'ampleur au Canada.»

Un dossier épineux

Le sujet des fusions bancaires est un des dossiers les plus épineux que devra éventuellement traiter le ministère fédéral des Finances. Même si Paul Martin a déjà refusé le double mariage de quatre grandes banques en 1998, le milieu garde espoir. Au grand dam de certaines associations de consommateurs, selon lesquelles l'union d'institutions dans un secteur déjà passablement concentré n'augure rien de nécessairement positif.

M. Raymond est toutefois convaincu que l'autorisation des fusions permettrait à de petits joueurs locaux de s'unir et de développer «un rôle régional ou national», notamment en Ontario, où les cinq plus grandes banques contrôlent déjà 90 % du marché, dit-il. La dynamique au Québec étant différente, l'alliance entre certains groupes créerait, dit-il, un contrepoids à la présence de la Banque Nationale et Desjardins, qui représentent les deux tiers du marché.

Or les fusions ne sont pas pour demain. Car si Ottawa doit depuis plusieurs mois dévoiler sa prise de position, la situation actuelle dans la capitale, où le moulin à rumeurs sème l'hypothèse d'élections en juin, complique les choses. Encore mardi, le ministre des Finances, Ralph Goodale, ne pouvait pas donner de précision sur sa publication. «Nous sommes habitués d'attendre», a dit M. Raymond. «Mais nous sommes devenus des gens patients, probablement résignés jusqu'à un certain point.»

Entre alors en scène David Dodge. Appelé à présenter ses perspectives économiques devant le comité des Finances de la Chambre des communes, le gouverneur de la Banque du Canada a estimé mardi que les fusions dans le secteur de l'assurance avaient été bénéfiques car les entreprises avaient rehaussé leur profil à l'échelle mondiale et consolidé leurs assises au Canada. Pour cette raison, disait-il, il y a là de bonnes pistes de réflexion à l'égard de l'industrie bancaire.

Se gardant d'appuyer ouvertement les fusions des banques, il est néanmoins revenu sur le sujet hier devant le comité bancaire sénatorial en évoquant des études selon lesquelles les mariages bancaires avaient produit des effets bénéfiques pour les marchés et les consommateurs ailleurs dans le monde.

Entre-temps, les banques se font patientes. Interrogé sur le «partenaire idéal» de la Banque Nationale si jamais Ottawa décidait d'autoriser les unions, M. Raymond s'est gardé de nommer qui que ce soit. Tout comme il a refusé de répondre aux questions portant sur la Banque Laurentienne, à la recherche d'un partenaire parmi les grandes banques du pays. «Je ne fais pas de commentaires sur diverses entités», a-t-il dit.

Avec la Presse canadienne