Conrad Black démissionne de son poste de dirigeant chez Ravelston

Toronto — Conrad Black et son associé de longue date, David Radler, ont démissionné de leurs postes de dirigeants et administrateurs de la société de portefeuille Ravelston, par laquelle ils exerçaient le contrôle de ce qui fut l'empire médiatique Hollinger.

Un avocat représentant Ravelston a avisé hier la Cour supérieure de l'Ontario de la démission de MM. Black et Radler, à l'occasion d'une audience pour obtenir la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC).

Dans une déclaration sous serment, Peter White, un autre associé de M. Black, a précisé que Ravelston et une de ses filiales, Ravelston Management, doivent se placer sous la protection de la LACC parce qu'elles sont confrontées à l'insolvabilité et à une «crise financière immédiate».

Me Derek Tay, qui représente Ravelston, a déclaré que MM. Black et Radler se sont engagés à ne pas intervenir dans les affaires de l'entreprise. L'avocat a dit croire que la désignation par la Cour supérieure d'un séquestre pour diriger Ravelston permettra aux deux hommes de prendre leurs distances par rapport à l'entreprise, facilitant ainsi le règlement des nombreuses poursuites intentées contre eux et contre Hollinger.

Ravelston possède une participation de 78 % dans le groupe Hollinger, de Toronto, qui possède à son tour 66,8 % des droits de vote et 17,4 % des actions du groupe de presse Hollinger International, de Chicago. Celui-ci est propriétaire du quotidien Chicago Sun-Times, le seul actif majeur qu'il lui reste depuis qu'il s'est départi du Jerusalem Post ainsi que du Telegraph de Londres.

Me Tay a indiqué au juge James Farley que M. White et Jack Boultbee, les deux autres membres du conseil d'administration de Ravelston, s'occuperont de superviser le règlement des poursuites, alors que la gestion des affaires courantes de l'entreprise sera laissée au séquestre désigné par la cour. Ravelston est une société non inscrite en Bourse dont M. Black est propriétaire à 60 %, et M. Radler, à 14 %.

Coffres vides

M. White affirme dans sa déclaration sous serment que les coffres de Ravelston sont vides parce que l'entreprise ne perçoit plus des millions de dollars en frais d'administration de la part de Hollinger inc. ainsi que de Hollinger International. La perception de ces frais a été interrompue en 2003, après qu'un comité spécial du conseil d'administration de Hollinger International en soit venu à la conclusion que M. Black et ses associés s'étaient octroyé illégalement des paiements totalisant plus de 30 millions $US.

M. Black, ses associés, Ravelston et Hollinger inc. font l'objet d'une poursuite de plus de 425 millions $US de la part de Hollinger International. M. Black fait également l'objet d'une enquête criminelle aux États-Unis ainsi que d'une poursuite intentée par la Securities and Exchange Commission (SEC), l'organisme américain de réglementation des marchés boursiers. En mars dernier, la Commission des valeurs mobilières de l'Ontario a pour sa part entamé des procédures qui pourraient mener à des amendes de plusieurs millions de dollars ainsi qu'à des interdictions permanentes d'occuper des postes de direction pour M. Black et ses associés. Hollinger inc. a elle-même intenté une poursuite de 555 millions de dollars canadiens contre M. Black.