Dodge voit des avantages aux fusions en finance

Ottawa — Le succès de la consolidation dans le secteur de l'assurance vie peut servir de modèle au gouvernement canadien dans le dossier des fusions bancaires, selon le gouverneur de la Banque du Canada.

Même si David Dodge n'a pas été jusqu'à se prononcer en faveur des fusions entre grandes banques, il a déclaré, à l'occasion de son passage devant le comité permanent des finances de la Chambre des communes hier, que la consolidation dans d'autres secteurs des services financiers a été bénéfique pour l'économie canadienne.

«Nous avons, dans l'assurance vie, un secteur qui jouit d'une reconnaissance mondiale, et il s'agit d'un secteur où il y a eu consolidation et où les institutions ont pu franchir de grands pas à l'étranger pour accroître leurs parts de marché», a déclaré le gouverneur de la banque centrale. «Cela signifie de très bons emplois dans les sièges sociaux, ici au Canada, ainsi qu'une contribution réelle au PIB canadien», a ajouté M. Dodge.

La question des fusions bancaires est un sujet épineux à Ottawa depuis plusieurs années, soit depuis que Paul Martin, alors ministre des Finances, s'était opposé en 1998 à des regroupements impliquant quatre des plus grandes banques canadiennes.

Le gouvernement fédéral reporte sans cesse la présentation d'un cadre réglementaire qui définirait la voie à suivre pour des fusions entre banques.

L'actuel ministre des Finances, Ralph Goodale, promet de divulguer la politique gouvernementale à ce sujet avant la fin de l'année en cours, mais plusieurs intervenants dans l'industrie des services financiers n'y croient plus, parce qu'ils estiment qu'un gouvernement libéral minoritaire ne pourra se permettre de prendre position sur un sujet aussi controversé.

Un contexte difficile

Le ministre Goodale a reconnu hier que le contexte politique actuel ne facilite pas les choses.

«L'atmosphère qui règne [à Ottawa] depuis peu fait en sorte qu'il est difficile de prendre vraiment position sur un sujet aussi sérieux», a-t-il déclaré à sa sortie de la Chambre des communes. «C'est l'une des questions pour lesquelles je me demande si le moment est bien choisi», a-t-il ajouté.

M. Dodge a souligné que la présence de plus en plus grande des coopératives de crédit pourrait permettre d'atténuer l'impact appréhendé des fermetures de succursales ainsi que des pertes d'emplois.

«Les craintes en ce qui concerne les petites communautés sont fondées, mais ce qui est intéressant et d'une importance extraordinaire [...] est la présence d'autres institutions, tout particulièrement les coopératives de crédit, qui desservent fort bien les petites communautés», a dit le gouverneur de la Banque du Canada.

Plus tôt, M. Dodge a déclaré devant les membres de la commission parlementaire que la décision du gouvernement fédéral de lever le plafond sur l'investissement étranger sera éventuellement avantageuse pour les retraités canadiens. Il a précisé que l'impact de cette mesure ne se fera sentir qu'à long terme et que les grands fonds de retraite en bénéficieront principalement.