GM dévoile une perte de plus de un milliard $US

Des acheteurs chinois examinent un modèle de GM. Le constructeur automobile éprouve des difficultés en Asie, ce qui l’empêche de compenser les effets de la crise en Amérique du Nord.
Photo: Agence Reuters Des acheteurs chinois examinent un modèle de GM. Le constructeur automobile éprouve des difficultés en Asie, ce qui l’empêche de compenser les effets de la crise en Amérique du Nord.

Detroit — General Motors (GM) a fini le premier trimestre 2005 sur une perte de plus de un milliard $US, tellement la situation est rendue difficile en Amérique du Nord par un environnement extrêmement concurrentiel et des coûts de couverture sociale très lourds.

Le numéro un mondial de l'automobile a annoncé hier avoir subi une perte nette de 1,1 milliard, pour un chiffre d'affaires trimestriel de 45,8 milliards, lui-même en recul de 4 % sur un an.

GM avait prévenu à la mi-mars qu'il finirait dans l'encre rouge pour cette période et que son résultat sur l'ensemble de 2005 s'en ressentirait. Mais, preuve que la situation ne cesse d'inquiéter, le constructeur américain refuse désormais de donner à Wall Street des prévisions de bénéfices annuels. «Étant donné l'incertitude affectant des éléments clés pour la perspective de nos finances, comme la résolution de la crise des coûts de couverture santé, GM a décidé de ne pas donner à ce stade de prévisions de bénéfices pour 2005», a écrit le groupe dans un communiqué.

En mars, GM illustrait encore avec des chiffres sa crainte que ses bénéfices annuels soient trois fois inférieurs à de précédentes prévisions.

Déception

Au premier trimestre, les résultats ont été «clairement décevants» en Amérique du Nord, a déclaré hier le p.-d.g., Rick Wagoner. Les seules activités automobiles sur ce continent ont affiché une perte de 1,3 milliard contre un bénéfice de plus de 400 millions il y a un an. Les ventes se sont tassées de 4 % en écart annuel. Sa part de marché des États-Unis y est passée de 27 %, il y a un an, à 25,6 % au 31 mars dernier, a calculé la maison de recherche AutoData. «Cette détérioration témoigne de volumes de ventes et de fabrication plus faibles, d'un environnement tarifaire plus dur [...] et de la charge de la couverture santé qui continue d'être importante», a expliqué le p.-d.g.

Le constructeur s'est félicité d'une perte réduite en Europe, preuve que la restructuration commence à porter ses fruits, ainsi que de bonnes performances en Argentine, Venezuela et Afrique du Sud, où il a décidé de construire la nouvelle version de son tout-terrain Hummer à partir de la fin 2006.

Mais d'autres éléments obscurcissent l'horizon: la rentabilité de sa filiale financière GMAC s'est tassée au premier trimestre et le bénéfice net des activités auto en Asie-Pacifique a été divisé par quatre en raison de difficultés sur les marchés chinois et japonais.

En somme, GM n'a pu nulle part compenser les effets de la crise en Amérique du Nord, un marché où ses coûts et ses capacités de production sont tellement élevés que les mauvais chiffres de ventes ont immédiatement des effets dévastateurs sur les marges bénéficiaires. Pour commencer par relancer la fréquentation de ses concessionnaires Rick Wagoner a promis «des lancements de produits agressifs cette année» ainsi que «des initiatives marketing plus ciblées».

Le p.-d.g. a aussi évoqué «de nouvelles réductions dans la structure de coûts, où la plus grande nécessité» est de diminuer les coûts de la couverture santé. Selon Jason Schenker, économiste à la banque Wachovia, le constructeur «pourrait désormais avoir à envisager des changements draconiens» des bénéfices sociaux pour ses employés. Il va falloir «changer, réduire, ou éliminer certains des bénéfices actuellement offerts», a-t-il ajouté, en estimant que se profilent pour GM des négociations difficiles avec des syndicats puissants. Il y a quelques jours dans la presse américaine Rick Wagoner avait dit tabler sur la coopération des syndicats pour résoudre la «crise» des coûts d'assurance santé en Amérique. Il avait aussi laissé entendre que de nouvelles fermetures d'usines étaient à craindre.