Le syndicat du Wal-Mart de Jonquière dénonce un «lock-out illégal»

La fermeture annoncée du Wal-Mart de Jonquière, le 6 mai, équivaut à un «lock-out illégal», et la Commission des relations du travail du Québec a certes compétence pour intervenir dans ce dossier.

C'est ce qu'a soutenu hier Me Giuseppe Sciortino, l'un des avocats du syndicat des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC), affilié à la FTQ, devant le vice-président de la Commission des relations du travail Pierre Flageole.

La Commission a poursuivi hier l'audition de trois requêtes pour moyens préliminaires déposées par Wal-Mart Canada à l'encontre de la requête syndicale qui vise plusieurs buts, notamment empêcher la fermeture du Wal-Mart de Jonquière et de tout autre magasin Wal-Mart jusqu'à une décision finale sur d'autres plaintes; ordonner que cesse l'intimidation à l'endroit de salariés; verser des dommages.

Wal-Mart, dans l'une de ses trois requêtes, affirme que la Commission n'a pas la compétence pour lui ordonner de s'abstenir de fermer l'un de ses magasins.

De son côté, Me Sciortino, pour le syndicat, a fait valoir que la fermeture annoncée du magasin de Jonquière équivalait à un «lock-out illégal» qui n'avait pour but que de décourager les salariés des autres magasins Wal-Mart.

Un subterfuge

En réplique aux arguments de Wal-Mart, entendus mardi dernier, Me Sciortino a admis qu'un employeur a certainement le droit de cesser ses activités et qu'une fermeture d'entreprise n'est pas illégale dans l'état actuel du droit. Il a toutefois objecté que dans le cas du magasin de Jonquière, il faut se demander si c'est «une fermeture réelle ou un subterfuge» visant d'autres fins.

Selon le syndicat en effet, Wal-Mart veut plutôt recourir à cette fermeture du magasin de Jonquière pour intimider, contraindre ou faire pression sur les salariés d'autres magasins, afin qu'ils ne fassent pas partie d'un syndicat et n'exercent pas leurs droits.

Me Sciortino a également soutenu que l'annonce de la fermeture du magasin Wal-Mart de Jonquière visait à semer «la panique et le désarroi» parmi les autres salariés de Wal-Mart afin qu'ils s'abstiennent d'exercer leur droit d'association.

La Commission poursuit ses travaux aujourd'hui. Elle doit notamment entendre la troisième requête de Wal-Mart visant à scinder les procédures.

Les deux autres requêtes de Wal-Mart portent sur une demande de radiation d'une affirmation contenue dans la requête du syndicat qui attaquerait la bonne réputation de Wal-Mart et sur une demande de rejet sommaire des procédures intentées par le syndicat, notamment pour défaut de compétence de la Commission des relations du travail.

Wal-Mart exploite 47 magasins au Québec et y emploie plus de 10 000 personnes.

Le magasin de Jonquière est le premier de la chaîne de commerce de détail à avoir été syndiqué en Amérique du Nord. Celui de Saint-Hyacinthe a suivi.