Jetsgo soumettra ses appareils à l'inspection de Transports Canada

Transports Canada pourra inspecter les appareils de Jetsgo et discuter de sécurité avec ses dirigeants en dépit d'un ordre du tribunal suspendant jusqu'au 13 mai tous les recours réglementaires ou judiciaires contre l'entreprise.

Le transporteur qui s'est mis à l'abri de ses créanciers le 11 mars dernier s'est engagé à ne pas effectuer de vols commerciaux sans l'autorisation du ministère.

D'après leur avocat Louis Gouin, les dirigeants ont en outre l'intention de faire tout en leur pouvoir pour répondre aux exigences du régulateur. En contrepartie, ce dernier a accepté de suspendre ses démarches pour faire modifier l'ordonnance initiale de protection prononcée par le juge François Rolland. Cette décision a notamment pour effet de rendre temporairement inapplicables les pouvoirs des organismes fédéraux.

Jetsgo, ses créanciers et le gouvernement fédéral se reverront au tribunal dans trois semaines. On devrait alors en savoir un peu plus sur le nouveau plan d'affaires du transporteur. D'ici là, Transports Canada devra «transmettre sans délai tout avis relativement aux correctifs à apporter quant à la sécurité des appareils et à l'organisation de la sécurité généralement chez la débitrice», a déclaré le juge.

Jetsgo pourra ainsi effectuer les changements requis pour conserver son certificat d'exploitation aérienne. Sans ce permis émis par Transports Canada, l'entreprise ne pourra pas recommencer ses activités.

Des ratés

Une série de ratés survenus au cours des derniers mois a déjà incité le ministère à demander des mesures correctives à la société dirigée par Michel Leblanc. Un plan a été déposé avant la date limite du 11 avril. Aux dernières nouvelles, il ne répondait cependant pas aux exigences des autorités.

Le contrôleur de la firme RSM Richter, Yves Vincent, a laissé savoir hier que les discussions entre les dirigeants de Jetsgo et le ministère se poursuivraient au cours des prochaines semaines.

Le fondateur Michel Leblanc et les membres de son équipe doivent rencontrer au cours des prochains jours les propriétaires des avions MD83 qu'ils souhaitent continuer à louer ainsi que des grossistes de Montréal et Toronto. Ils tentent de conclure un plan de relance prévoyant la transformation de l'ancien transporteur à rabais en compagnie de vols nolisés. Une version préliminaire de ce document a été qualifiée de «crédible» par la firme Richter.

Jetsgo tente par ailleurs de vendre ses 15 appareils Fokker-100 actuellement remisés à Québec. Le produit de ces transactions servirait à financer sa relance et à payer ses dettes. Au moment de l'arrêt de ses activités, le mois dernier, l'entreprise devait 108 millions à ses créanciers.