Tembec ferme l'usine de La Sarre

Tembec poursuit le ménage dans sa division de produits forestiers. Après le Nord-Est ontarien, c'est maintenant l'ouest du Québec qui écope.

La compagnie forestière a en effet fait savoir qu'elle fermerait le 13 mai l'une de ses deux scieries de La Sarre, en Abitibi. Cette décision entraînera la disparition de quelque 150 emplois. L'établissement condamné appartenait jusqu'à l'automne 2003 à la société Norbord.

L'autre scierie qu'exploite Tembec à La Sarre poursuivra ses activités sur trois quarts de travail, tout comme celle de Senneterre. Les usines de Taschereau et Béarn continueront aussi à tourner, mais leur production sera réduite.

Tembec n'a pas dit combien de postes seraient éliminés en raison de ces réaménagements. L'entreprise assure que les mesures d'atténuation qu'elle a mises en place ainsi que les emplois créés dans ses autres usines de la région limiteront les pertes. Les mesures annoncées hier entraîneront une charge exceptionnelle après impôts de 13,1 millions qui sera inscrite aux états financiers de son trimestre prenant fin en juin prochain.

«La compagnie a analysé attentivement toutes les options possibles, a insisté dans un communiqué le président du groupe Produits forestiers, James Lopez. Nous avons analysé non seulement les facteurs économiques, mais aussi les incidences sociales, et nous avons ensuite élaboré un plan qui tient compte de tous ces aspects.»

À l'instar de ses concurrentes, Tembec se dit victime de la vigueur du dollar canadien, du conflit du bois d'oeuvre entre le Canada et les États-Unis ainsi que de la diminution de la matière ligneuse disponible. Ce dernier facteur est attribuable à une surexploitation des ressources de même qu'à une récente réduction des droits de coupe au Québec, dans la foulée du rapport Coulombe sur la forêt.

Floués

Même s'ils s'attendaient à une mauvaise nouvelle, les employés de la scierie de La Sarre se sentent floués par la décision de leur employeur à qui ils reprochent de n'avoir pas respecté ses promesses. Tembec n'a cessé de répéter que lorsque l'on achète une usine, ce n'est pas pour la fermer, a fait valoir le représentant du Syndicat des Communications, de l'Énergie et du Papier (SCEP-FTQ), Renaud Gagné. «Ce qui est le plus frustrant c'est qu'une autre entreprise de la région aurait pu en faire l'acquisition ce qui ferait qu'aujourd'hui les travailleurs auraient toujours leur emploi.»

Selon les syndiqués, la décision de Tembec est «illogique» puisque l'usine qui fermera ses portes possède les meilleurs équipements. Une assemblée de travailleurs aura lieu au cours des prochains jours.