Le Canada doit s'adapter, dit Dodge

New York — Le Canada s'adapte aux forces qui façonnent actuellement l'économie mondiale, selon le gouverneur de la banque centrale, David Dodge.

Dans une allocution prononcée hier devant la Canadian Association of New York, M. Dodge a parlé de la nécessité pour le Canada, dont l'économie est «très ouverte», de s'ajuster constamment à d'«immenses forces» telles que la variation des taux de change, la montée en puissance de la Chine et de l'Inde ainsi que les déficits financiers qui s'aggravent aux États-Unis et en Asie.

Cet ajustement de l'économie canadienne est facilité par la politique monétaire de la Banque du Canada, a précisé M. Dodge, puisque celle-ci permet de «maintenir l'offre et la demande globales en équilibre».

Même si la banque centrale n'est officiellement guidée dans ses décisions que par l'objectif de maintenir une inflation faible, stable et prévisible, M. Dodge a reconnu qu'elle surveille «constamment de près» l'évolution du taux de change, parce qu'il s'agit d'«un autre aspect de notre cadre de mise en oeuvre de la politique monétaire qui facilite le processus d'ajustement».

«Une hausse de la demande mondiale de biens et de services canadiens donne généralement lieu à une appréciation de notre dollar, a-t-il précisé. À son tour, celle-ci tend à freiner les exportations et à stimuler les importations. C'est ainsi qu'en favorisant une compression de la demande, le taux de change flottant aide à équilibrer l'offre et la demande globales.»

Enfin, outre la politique monétaire et le taux de change, M. Dodge a souligné la capacité d'adaptation de ce qu'il appelle «l'économie réelle», soit la manière dont les entreprises s'ajustent à l'évolution de l'économie mondiale ainsi qu'aux variations de prix qui en découlent.

À cet égard, les ajustements diffèrent grandement selon les secteurs. «Nous observons actuellement une forte hausse des dépenses d'investissement dans les domaines de l'extraction pétrolière et gazière, des autres activités minières et de la fabrication de produits du bois, a dit M. Dodge. Les sociétés sont motivées à la fois par les prix élevés qu'elles obtiennent pour leurs produits et par l'espoir qu'ils se maintiendront à ce niveau.» Il en va de même pour les sociétés productrices d'électricité, qui réagissent à la forte demande intérieure.