Taxe sur l'essence - Ottawa s'entend avec une première province

Ottawa — Après des mois de négociations, la première entente entre Ottawa et une province à propos de la taxe fédérale sur l'essence destinée aux villes est enfin conclue. Et c'est, comme le ministre John Godfrey l'avait prédit au Devoir il y a quelques semaines, la Colombie-Britannique qui a l'honneur de signer le premier accord.

Aujourd'hui, à 15h30, heure de Vancouver, le ministre fédéral des Infrastructures et des collectivités, John Godfrey, et le premier ministre Paul Martin annonceront qu'ils versent 635,6 millions de dollars sur cinq ans à la Colombie-Britannique pour remplir cette promesse libérale. Puis, à partir de la cinquième année, le montant restera stable avec une enveloppe de 254,2 millions destinée aux villes chaque année.

«Je crois que cette annonce va encourager les autres provinces et les organismes municipaux à faire avancer plus vite le dossier ailleurs au pays, a déclaré John Godfrey au Devoir. C'est dans leur intérêt d'avoir les fonds le plus tôt possible.»

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si c'est la Colombie-Britannique qui passe la première à la caisse, puisque des élections provinciales battent leur plein dans ce coin de pays et qu'un gouvernement libéral tente de s'y faire réélire. «Disons que le timing est bon et ce n'est pas le hasard. Si ça peut aider un peu les libéraux de la Colombie-Britannique, tant mieux», a déclaré une source libérale fédérale.

Au Québec, les négociations se poursuivent toujours avec le gouvernement de Jean Charest. Même si le ministre Godfrey ne veut pas faire de prédiction précise, il espère toujours régler le dossier et remettre l'enveloppe de 1,15 milliard de dollars sur cinq ans destinée aux villes d'ici deux mois. «Les négociations vont bien partout dans les provinces, a affirmé John Godfrey. Au Québec, les conversations sont fructueuses.»

Rappelant que le remaniement ministériel de février à Québec avait ralenti les discussions avec l'entrée en scène de nouveaux ministres en charge du dossier, John Godfrey a aussi soutenu que les municipalités du Québec devaient d'abord s'entendre entre elles, puis avec Québec, sur un protocole de redistribution de l'argent, avant que les sommes ne soient versées. «Tout ça prend du temps», a-t-il dit.