Le FMI prévoit une croissance ralentie en 2005

Washington — La croissance économique mondiale devrait ralentir tout en restant «solide» cette année, à 4,3 % contre 5,1 % en 2004, malgré le prix élevé du pétrole qui pourrait connaître de nouvelles flambées mais pas de chute, selon les projections publiées hier par le Fonds monétaire international (FMI).

Toutefois, la croissance mondiale étant «exagérément dépendante des États-Unis et de la Chine», celle de «la zone euro et du Japon, qui représentent, ensemble, près d'un quart de l'activité mondiale, a encore une fois été décevante», constate l'organisation.

En ce qui concerne la croissance de la zone euro (l'Europe des Quinze moins la Grande-Bretagne, la Suède et le Danemark), le FMI révise ses prévisions de septembre (2,2 %) à la baisse, à 1,6 % tout juste en 2005, contre 2 % en 2004. Pour 2006, il table sur une amélioration, avec 2,3 %, contre 4,4 % à l'échelle mondiale, en prenant un baril de pétrole à environ 46,50 $US en 2005 et 43,75 $US en 2006.

«Les consommateurs européens semblent très inquiets, particulièrement au sujet des conséquences des réformes de l'emploi et des retraites», note le chef économiste du FMI, Raghuram Rajan, qui souligne le bas niveau de la demande intérieure dans la zone euro alors que le taux de change élevé de la monnaie unique freine les exportations. «Avec son potentiel actuel de croissance, l'Europe ne peut tout simplement pas se permettre d'avoir un État-providence tandis que le Japon aura des difficultés avec ses problèmes fiscaux», ajoute-t-il. Le pays du Soleil levant devrait connaître seulement 0,8 % de croissance cette année, contre 2,6 % en 2004, puis 1,9 % en 2006.

M. Rajan a également visé les 35 heures de travail hebdomadaires en France, démantelées progressivement par le gouvernement Raffarin. Le FMI constate que «l'activité [économique] s'est contractée en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas et en Grèce au dernier trimestre [2004] mais [que] la croissance a accéléré en France et en Espagne».

Pour les États-Unis, le FMI table sur 3,6 % de croissance en 2005 et autant en 2006, contre 4,4 % en 2004, sous l'effet de l'augmentation des taux d'intérêt de la Réserve fédérale et celle des prix du pétrole, selon des analystes privés. Quant à la Chine, qui affichait une croissance de 9,5 % l'année dernière, elle devrait ralentir un peu, avec 8,5 % cette année et 8 % en 2006.

En ce qui concerne l'inflation, «elle devrait rester modérée dans le proche avenir» mais la vigilance est de mise, estime le FMI.

Canada

Pour sa part, l'économie du Canada devrait garder son dynamisme en 2005 même si les perspectives de croissance ont été revues en légère baisse. Le FMI a révisé à 2,8 % sa prévision de croissance pour 2005, soit un dixième de point de moins que dans ses précédentes prévisions publiées en septembre. Pour 2006, la croissance a été révisée à 3 % (-0,4 point).

«L'économie devrait garder son dynamisme en 2005, soutenue par de forts gains sur le marché de l'emploi et de solides bénéfices du côté des entreprises», souligne le Fonds dans son rapport semi-annuel. Le FMI se félicite de la hausse des taux d'intérêt «mesurée et graduelle» menée par la banque centrale l'automne dernier.

Il juge également que la politique budgétaire «a contribué à maintenir une performance macroéconomique saine, le gouvernement générant un excédent important».

Le FMI estime que «la priorité doit continuer d'être donnée aux réformes structurelles visant à doper la croissance de la productivité et la flexibilité économique». De plus, «des réformes fondamentales sont également nécessaires pour accroître l'efficacité du système de santé afin de faire face aux pressions démographiques émergentes», selon le rapport.