Nike joue la transparence

Beaverton — Après des années de critique sur les conditions de travail dans ses ateliers à l'étranger, Nike a révélé pour la première fois hier la liste et la localisation de plus de 700 usines qui fabriquent notamment ses fameuses chaussures de sport.

En jouant la transparence dans son rapport sur la responsabilité sociale, Nike est la première multinationale du textile à dévoiler volontairement l'ensemble de sa chaîne de production, ont estimé des experts du secteur.

Dans le rapport publié hier, Nike reconnaît aussi que dans certaines usines où sont fabriqués ses produits, les travailleurs subissent diverses formes de harcèlement et sont obligés d'accepter des heures supplémentaires de travail.

Depuis des années, des activistes ont exigé que les multinationales dévoilent l'emplacement des ateliers de production pour permettre une évaluation indépendante des conditions de travail. La plupart refusent, expliquant qu'une telle divulgation pourrait permettre l'espionnage industriel de la part des concurrents.

Dans son rapport sur la responsabilité d'entreprise, Nike révèle notamment le nom de 124 usines en Chine qui fabriquent ses produits, 74 en Thaïlande, 35 en Corée du Sud et 34 au Vietnam.

Le texte reconnaît que des pratiques montrées du doigt sont toujours appliquées dans certains ateliers où les ouvriers sont exploités.

Selon une évaluation réalisée par Nike, des cas de harcèlement, physique ou verbal, ont été recensés dans plus d'un quart de ses usines du Sud-Est asiatique, et entre 25 % et 50 % des ateliers de la région restreignent l'accès aux toilettes ou à des points d'eau pendant le temps de travail.

Dans plus de la moitié des ateliers asiatiques, l'activité normale de production amène les ouvriers à travailler pendant plus de 60 heures par semaine, selon l'enquête du manufacturier. Dans un site de production sur dix, un travailleur qui refuse des heures supplémentaires est sanctionné.