Theratechnologies se dit prête pour les grandes ligues

Ses objectifs sont clairs, ses coffres sont pleins et ses projets vont bon train. Theratechnologies a survécu à la tempête et se sent désormais prête à faire son entrée «dans les grandes ligues», d'après son nouveau p.-d.g., Yves Rosconi.

La société entreprendra d'ici quelques semaines la dernière série d'essais cliniques de son médicament ThGRF pour le traitement de la lipodystrophie associée au VIH, une accumulation de graisse dans les viscères dont souffrent quelque 200 000 personnes suivant un traitement contre le virus.

À long terme, cette condition sur laquelle les régimes amaigrissants n'ont aucun effet

accroît les risques de maladie cardiovasculaire.

Des tests préliminaires ont démontré que la prise de ThGRF, un dérivé de l'hormone de croissance, réduisait progressivement la quantité de gras abdominal sans augmenter le risque de diabète, a souligné hier le Dr Julian Falutz, du centre universitaire de santé McGill, en marge de l'assemblée des actionnaires de Theratechnologies.

Phase III

Ces résultats ont fini de convaincre les autorités américaines de la Food and Drug Administration (FDA) d'autoriser des tests de phase III sur son territoire. Les essais, qui nécessiteront 400 cobayes, auront lieu dans 35 centres du Canada et des États-Unis, a précisé le chercheur.

D'après M. Rosconi, les tests devraient être complétés en 2007. Le ThGRF pourrait être mis en marché rapidement par la suite. Ce médicament est le plus avancé dans sa catégorie, pour l'instant.

Theratechnologies tente par ailleurs d'identifier une autre indication pour ce produit. La société travaille en outre au développement de traitements contre le diabète de type 2.

Trois ans

Au 12 avril, l'encaisse de Theratechnologies s'élevait à environ 52 millions. D'après son ancien p.-d.g., Luc Tanguay, qui s'occupe aujourd'hui des finances, c'est suffisant pour tenir trois ans, alors que plusieurs de ses petits concurrents se demandent comment finir l'année sans sombrer.

Avec les essais de phase trois, le taux d'érosion du capital, ou burn rate, devrait grimper à 17 ou 19 millions cette année, comparativement à 16 millions en 2004.

La fin de l'accord qui liait l'entreprise à ALZA Corporation, une filiale de Johnson & Johnson, lui a permis d'encaisser un gain exceptionnel de 14,6 millions au cours du premier trimestre clos le 28 février dernier. Cela a fait bondir les revenus de la société de 79 000 $ pour les trois premiers mois de 2004 à 14,7 millions pour la période correspondante cette année. Theratechnologies a donc pu déclarer un bénéfice net de 9,3 millions, ou 26 ¢ par action, qui se compare à une perte de 1,88 million, ou 6 ¢ par action, pour la période correspondante de 2004.

Sans AZLA, Theratechnologies aurait affiché une perte trimestrielle nette de 5,4 millions.