Prévisions du Conference Board - Montréal remonte la pente

Le Conference Board s’attend à ce que la croissance montréalaise de 1,2 % observée en 2004 s’accélère à 2,9 % cette année.
Photo: Pascal Ratthé Le Conference Board s’attend à ce que la croissance montréalaise de 1,2 % observée en 2004 s’accélère à 2,9 % cette année.

Après s'être classée première au palmarès de la performance économique des 18 centres urbains du pays l'an dernier, la région du Saguenay connaît un passage à vide dans le secteur de la fabrication qui l'entraînera au fond du baril en 2005. C'est l'avis du Conference Board du Canada, selon lequel la province dans son ensemble s'appuiera en bonne partie sur le secteur des services, y compris le tourisme, pour atténuer les incertitudes liées aux exportations. Pour Montréal, il en résultera un bond de dix places, à la 6e.

La lecture qu'a faite le Conference Board hier dans sa Note de conjoncture métropolitaine — Printemps 2005 débouche sur une croissance économique québécoise identique à celle du pays, soit 2,5 % cette année et 2,8 % en 2006, notamment en raison de l'amélioration du revenu disponible et des faibles taux d'intérêt.

Dans le cas de Montréal, qui essuiera d'ici quelques mois environ 800 mises à pied chez le fabricant de composants électroniques Viasystems et 1400 chez Bombardier Aéronautique, le Conference Board s'attend à ce que la vigueur du secteur des services — dont le tourisme, la vente au détail et le commerce de gros — serve de locomotive. Le groupe de recherche s'attend à ce que la cadence montréalaise de 1,2 % observée en 2004 s'accélère à 2,9 % cette année.

Des incertitudes

Mais il existe quelques incertitudes, dit le Conference Board. Car après une accalmie de construction en 2005, un délai dans la mise en oeuvre des mégahôpitaux de l'Université de Montréal et de l'université McGill, deux projets de un milliard chacun, «compromettrait la reprise du secteur [de la construction] l'an prochain». Parmi les risques positifs, elle mentionne la possibilité que Bombardier Aéronautique assemble ses avions de série C à Montréal, ce qui «créerait directement jusqu'à 2500 emplois».

Mais alors que le secteur manufacturier de la métropole demeure solide malgré tout, dit le Conference Board, il pose carrément problème au Saguenay. Après une cadence économique de 4,6 % et 6,3 % en 2003 et 2004, deux années de rattrapage, le rythme ralentira à 0,3 % en 2005.

Le groupe signale entre autres la fermeture du Wal-Mart et des salles de cuves Soderberg à l'usine d'Alcan à Jonquière, entraînant 750 emplois en tout, mais aussi la faible demande dont souffre l'industrie des pâtes et papiers en raison du dollar fort qui rebute les acheteurs étrangers.

Bref, le secteur manufacturier au Saguenay reculera de 5,5 % cette année avant de se reprendre l'an prochain. Les incertitudes persisteront tout de même, dit le Conference Board. Car Alcan songe à fermer d'ci 2007 son usine Vaudreuil, à Jonquière, qui convertit de la bauxite en alumine. On y trouve 1200 emplois directs.

Par ailleurs, la performance économique de la région de Québec fera passer la capitale du 13e au 8e rang, alors que celle d'Ottawa-Gatineau recule du 7e au 11e. Toronto, pour sa part, baisse du 5e au 10e rang.

À l'échelle canadienne, le groupe de recherche prévoit que la combinaison d'une baisse des dépenses de consommation en sol américain et de la vigueur du dollar canadien affectera les exportations cette année. La croissance économique viendra, comme pour le Québec, de la demande intérieure. Enfin, le Conference Board a tenu à compléter des propos tenus récemment au sujet de l'ajustement de l'économie canadienne à la force du huard, qu'il prévoit maintenant pour le début de 2006 plus précisément.