Jetsgo veut prouver sa capacité d'exploiter une flotte

Pour ne pas perdre son droit de voler, la compagnie aérienne Jetsgo a fait parvenir hier à Transports Canada des documents visant à démontrer sa capacité de gérer une flotte commerciale de manière sécuritaire.

L'entreprise qui a cessé ses activités il y a un mois espère redécoller au plus tard le 23 juin grâce au produit de la vente de ses 14 avions Fokker-100. Elle ne conserverait que huit des MD-83 qu'elle loue depuis ses débuts en 2002.

Avant sa relance, la compagnie fondée par Michel Leblanc devra toutefois convaincre les autorités réglementaires fédérales, dont Transports Canada et le Bureau de la sécurité dans les transports (BSTC) qu'elle répond à leurs exigences.

Des explications

Dans sa courte histoire, Jetsgo a en effet dû s'expliquer à plusieurs reprises avec les inspecteurs. Transports Canada lui avait même interdit de voler à plus de 29 000 pieds après un incident à l'aéroport de Calgary en décembre dernier. Le ministère menaçait de suspendre l'indispensable certificat d'exploitation aérienne du transporteur à rabais s'il ne présentait pas de plan correctif avant le 11 avril à 23h59.

Dans un communiqué transmis hier, la direction de la société a attribué ses diverses avaries à son envol rapide qui «signifiait qu'à un certain moment, la structure et la gestion en place ne seraient plus en mesure d'appuyer de façon adéquate la croissance». «La structure d'exploitation qui reposait sur une flotte de 26 appareils, pouvait répondre aux exigences minimales pendant les opérations régulières mais elle était fortement sollicitée pendant les opérations irrégulières, comme des conditions climatiques inhabituelles dans des destinations majeures ou des correspondances multiples», a expliqué M. Leblanc.

Le plan remis aux autorités fédérales prévoit notamment la mise à jour de tous les manuels de Jetsgo. Ce document ébauche même le mode de fonctionnement d'une société exploitant jusqu'à 14 avions.

À Transports Canada, la porte-parole Lucie Vignola a confirmé que les documents demandés à Jetsgo avaient été déposés en matinée et qu'ils seraient analysés par les responsables. Même s'il était insatisfait, le ministère ne pourrait toutefois pas exercer ses pouvoirs contre la compagnie pour le moment. En vertu d'une ordonnance du juge François Rolland de la Cour supérieure du Québec, tous les recours contre le transporteur sont en effet suspendus pendant sa restructuration.

Le procureur général du Canada doit d'ailleurs se présenter aujourd'hui devant le tribunal pour demander que cette décision qui met le transporteur à l'abri de ses créanciers jusqu'au 13 mai prochain soit amendée.

Au moment de l'arrêt de ses activités, le 11 mars dernier, Jetsgo devait 108 millions à ses créanciers. Vendredi dernier, le contrôleur de la firme RSM Richter, Yves Vincent, a confirmé qu'il ne restait plus que 4,9 millions dans le compte de l'entreprise. La vente de six Fokker-100 pourrait toutefois lui permettre d'encaisser quelque 13,5 millions à court terme.