Cogeco radie 50 millions de TQS

La renaissance de Radio-Canada et la croissance des chaînes spécialisées font mal à TQS. Tellement que son principal actionnaire, Cogeco, a décidé de diminuer sa valeur comptable de près de 50 millions.

Quelque 60 % de cette somme a été inscrite aux livres de la société pour le deuxième trimestre terminé le 28 février dernier. Le reste sera absorbé par Bell Globemedia (BCE), qui détient 40 % du réseau.

La radiation a pesé lourd sur Cogeco qui a déclaré hier une perte trimestrielle de 28,5 millions, ou 1,74 $ par action, sur des revenus de 166,6 millions. L'an dernier à pareille date, l'entreprise avait fait état d'une perte de 1,1 million, ou 7 ¢ par action. Son chiffre d'affaires était alors de 158,1 millions. Depuis le début de l'exercice, la compagnie a enregistré une perte de 25,4 millions, ou 1,55 $ par action. Ses produits d'exploitation se sont élevés à 338 millions. L'an dernier à pareille date, Cogeco avait déclaré une perte de 16,5 millions, ou 1,01 $ par action, sur des revenus de 325,1 millions.

En dépit de ces résultats décevants, le p.-d.g. de Cogeco, Louis Audet assure qu'il croit toujours à l'avenir du «mouton noir» de la télévision dont les revenus publicitaires ont légèrement augmenté depuis l'année dernière. «Il suffit simplement de se réaligner comme il faut», a-t-il déclaré en entrevue. Et même si le communiqué de son entreprise parle de «redressement», l'homme d'affaires jure qu'il n'est pas question de «coupures».

«TQS est très bien gérée sur le plan économique. Il n'y a aucun besoin de coupure. Mais il va falloir faire des choix créatifs sur certaines émissions», a-t-il insisté. La stratégie de relance est en discussion, a-t-il confié.

À la radio

En attendant sa mise en oeuvre, la division médias pourrait profiter d'une accalmie dans le paysage radiophonique.

Le réseau Rythme FM continue à répondre aux attentes de ses propriétaires et après deux ans de tempête, le ciel semble enfin se dégager pour le 93,3 FM de Québec qui a beaucoup souffert de la concurrence de CHOI-FM, notamment pour son émission du matin. Maintenant que l'animateur Jeff Fillion est parti, «il y aura une redistribution de l'audience et c'est positif pour nous», a fait valoir M. Audet.

Cogeco peut d'autre part s'appuyer sur sa filiale de câblodistribution, Cogeco Câble, qui continue à croître à un rythme supérieur aux prévisions notamment grâce à l'engouement des consommateurs pour la télévision numérique et l'Internet à haut débit.

Au 28 février, le câblodistributeur desservait 1,4 million de foyers au Québec et en Ontario, en légère hausse depuis le 31 août 2004.

Pour son deuxième trimestre 2005, Cogeco Câble a fait état d'un bénéfice net de 5,6 millions, ou 14 ¢ par action dilué, en forte hausse par rapport aux 588 000 $, ou 1 ¢ par action, déclarés à la période correspondante en 2004. Ses revenus ont atteint 138,4 millions au lieu de 129,2 millions. La marge bénéficiaire brute de la société s'établit à 40 %, ce qui correspond à l'objectif de la direction, a souligné Louis Audet.

Cogeco Câble s'apprête à imiter ses concurrents Vidéotron et Bell Canada en offrant à partir de juin des services de téléphonie par Internet (VoIP). Le p.-d.g. demeure cependant avare de détails sur les marchés visés.

Depuis le début de l'année financière, Cogeco Câble a engrangé 9,4 millions, ou 24 ¢, de profits nets sur des revenus de 274,2 millions. Pour les six premiers mois de 2004, la compagnie avait enregistré une perte de 40,5 millions, ou 1,02 $ par action, largement attribuable à une radiation de la valeur de ses décodeurs. Son chiffre d'affaires s'élevait alors à 261,1 millions.