Vers une croissance plus modeste en 2005

Washington — Un tassement de la croissance économique mondiale en 2005, notamment sous l'effet du pétrole cher, et l'allègement de la dette des pays pauvres seront les pièces maîtresses des réunions du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et du G7 cette semaine à Washington.

Après une année 2004 de croissance florissante, y compris dans les pays africains, l'économie mondiale devrait ralentir le rythme en cette année soumise à une série de risques, selon le FMI qui doit publier ses chiffres définitifs pour 2004 et ses prévisions pour 2005 demain.

Selon le directeur général du Fonds, Rodrigo Rato, la croissance économique mondiale a «probablement connu son plus fort taux d'expansion en près de 30 ans» l'an dernier, avec des «performances impressionnantes aux États-Unis et en Chine», mais également notables «en Afrique subsaharienne [...] même si cela reste en dessous de la croissance nécessaire pour y réduire considérablement la pauvreté».

Pourtant, l'horizon 2005 risque d'être assombri par la persistance de la flambée des cours du brut, la remontée des taux d'intérêts américains alors que les déficits se creusent aux États-Unis et la déception des performances en Europe et au Japon, selon le FMI.

Les remèdes à ces «déséquilibres mondiaux» sont entre les mains de plusieurs acteurs économiques clés, invités par M. Rato, les uns à assurer «une consolidation budgétaire à moyen terme aux États-Unis», les autres à engager des «réformes structurelles en Europe et au Japon», ou encore assurer «une plus grande flexibilité des changes en Chine et dans l'Asie émergente».

Autre sujet d'inquiétude, la spirale ascendante des prix du pétrole devrait sans doute se poursuivre encore longtemps, selon le FMI qui a publié jeudi la première partie de son rapport 2005 sur les perspectives économiques mondiales.

Avec la forte demande chinoise et la faible capacité de production excédentaire des pays producteurs, le marché pétrolier reste particulièrement vulnérable aux chocs.

Là aussi les solutions sont multiples, selon M. Rato qui a appelé producteurs et consommateurs à coopérer pour assurer la stabilité de ce secteur, entre autres en renforçant les mesures d'économies d'énergie et en réduisant les obstacles à l'investissement dans l'exploitation pétrolière ou d'autres sources.

Le G7

Les grands argentiers des pays industriels auront l'occasion d'évoquer ces questions entre eux lors de la traditionnelle réunion du G7 Finances la veille des assemblées de printemps des 184 États membres du FMI et de la Banque mondiale, prévues samedi et dimanche.

Les ministres des Finances du G7 (États-Unis, Canada, Japon, France, Allemagne, Royaume-Uni et Italie) devraient également faire le point sur les moyens d'alléger la dette des pays pauvres, alors qu'une coalition d'ONG a appelé à manifester vendredi sous les fenêtres du Trésor américain, hôte de la réunion, pour exiger l'annulation pure et simple de cette dette.

L'idée évoquée lors des précédentes réunions internationales de vendre une partie des stocks d'or du FMI pour effacer la dette des plus pauvres, ne fait cependant pas l'unanimité.

Washington, principal actionnaire du FMI, s'y oppose en particulier, et le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet s'est montré très critique.

Le FMI devrait remettre une étude au G7 évoquant les moyens d'alléger cette dette. «Mais il n'y a pas de consensus à l'heure actuelle» sur ce qu'il convient de faire, ni en matière d'or du FMI, ni en matière l'allègement de la dette, a souligné le porte-parole du Fonds Thomas Dawson.