Le brut clôture en forte baisse à New York

New York — Les cours du pétrole brut ont clôturé en forte baisse à New York suite à un rapport du département de l'Énergie (DoE) indiquant une hausse des réserves de gaz naturel aux États-Unis la semaine dernière, pour la première fois après 20 semaines consécutives de déclin.

Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de brut pour livraison rapprochée en mai a fini en baisse de 1,74 $US, à 54,11 $US. Il avait déjà baissé au cours des trois dernières séances, cédant 1,42 $US.

À Londres, le baril de Brent pour livraison en mai a perdu 1,23 $US, à 54,04 $US.

«Le rapport du DoE sur les stocks de gaz naturel était très baissier, il montre que la saison hivernale a fini une semaine plus tôt que le marché ne le prévoyait», rapporte Marshall Steeves, analyste de Refco. Mercredi, le DoE avait déjà annoncé une hausse de 2,4 millions de barils (Mb) des stocks de brut aux États-Unis la semaine dernière. Il avait aussi constaté une baisse de 2,1 Mb des réserves d'essence, mais celles-ci restent supérieures de 5,5 % à leur niveau d'il y a un an. «Il semble que le marché soit bien approvisionné pour l'été», a commenté Jason Schenker, économiste de Wachovia Securities.

En outre, l'Arabie Saoudite, premier producteur de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et deuxième producteur mondial, donne des signes rassurants. Son ministre du Pétrole, Ali al-Nouaimi, a affirmé mardi qu'il lui était possible de doubler ses réserves pétrolières. Et le Wall Street Journal affirmait hier que l'Arabie Saoudite serait prête à amener sa production au maximum de ses capacités pour mieux répondre à la demande.

Prévisions

Toutefois, l'agence d'information énergétique américaine, qui dépend du DoE, affirme dans son rapport mensuel hier que les prix du brut devraient rester au-dessus de 50 $US en 2005 et 2006 et pourraient s'installer durablement au-dessus de 55 $US le baril. L'agence estime aussi que l'essence va rester chère aux États-Unis jusqu'à la fin de l'année au moins. Les prix de l'essence à la pompe devraient se situer autour de 2,28 $US par gallon (60 ¢US le litre) entre avril et septembre et devraient atteindre 2,35 $US (62 ¢US le litre) en mai. Hier la moyenne nationale établie par l'Association américaine des automobilistes s'établissait à 2,25 $US le gallon à la pompe, un nouveau record.

100 $US le baril

Le Fonds monétaire international s'est lui aussi inquiété hier dans un rapport de la flambée du pétrole. Selon lui, celle-ci n'est pas prête de s'atténuer dans les années à venir et le baril de brut pourrait même dépasser les 100 $US le baril, même si cela ne lui semble pas «le scénario le plus probable». Le FMI rejoint ainsi la thèse de la banque Goldman Sachs, qui avait fait bondir les cours la semaine dernière avec une étude où elle affirmait que les prix pétroliers pourraient monter jusqu'à 105 $US le baril.