La progression de l’inflation a ralenti à 5,2% au Canada en février

Statistique Canada a observé que les prix des aliments achetés en magasin ont augmenté de 10,6 % d’une année à l’autre en février.
Valérian Mazataud Le Devoir Statistique Canada a observé que les prix des aliments achetés en magasin ont augmenté de 10,6 % d’une année à l’autre en février.

L’inflation annuelle a ralenti de nouveau en février au Canada, semblant avaliser la décision de la banque centrale du pays de laisser son taux d’intérêt directeur inchangé.

Dans son dernier rapport sur l’indice des prix à la consommation, publié mardi, Statistique Canada a indiqué que l’inflation avait grimpé de 5,2 % sur une base annuelle le mois dernier, et ainsi enregistré sa plus forte décélération depuis avril 2020. Cette lecture se comparait à une inflation annuelle de 5,9 % en janvier, qui constituait la plus faible inflation depuis le premier mois de l’an dernier, pour lequel elle s’était établie à 5,1 %.

L’économiste en chef de la Banque de Montréal, Douglas Porter, a qualifié le rapport de « légèrement encourageant ». « En fait, cela fait quelques mois de suite que nous avons des lectures d’inflation légèrement meilleures que prévu », a-t-il souligné.

Depuis qu’elle a culminé à 8,1 % l’été dernier, l’inflation annuelle au Canada a dégringolé, dans un contexte d’atténuation des pressions mondiales et de taux d’intérêt élevés.

La Banque du Canada espère que l’inflation continuera de ralentir sans qu’il soit nécessaire d’augmenter davantage les taux d’intérêt. Plus tôt ce mois-ci, la banque centrale a laissé son taux directeur inchangé à 4,5 %, ce qui marquait son premier maintien depuis qu’elle a commencé à relever les taux il y a un an.

La Banque du Canada se concentre fortement sur la réduction de l’inflation à sa cible de 2,0 %. Son cycle dynamique de hausse des taux au cours de la dernière année commence à ralentir l’économie en obligeant les particuliers et les entreprises à réduire leurs dépenses.

M. Porter a souligné que la Banque du Canada « poussait probablement un grand soupir de soulagement » en regardant les données sur l’inflation de février. « Cela soutient tout à fait sa décision de cesser d’augmenter les taux d’intérêt », a-t-il affirmé.

La suite sera « plus difficile »

Dans son rapport de mardi, Statistique Canada a attribué le ralentissement à une forte augmentation mensuelle des prix en février 2022, lorsque l’économie mondiale était considérablement touchée par l’invasion russe de l’Ukraine.

Cependant, M. Porter a noté que la décélération de l’inflation au cours des derniers mois avait été entraînée par un recul important des prix de l’énergie, tandis que d’autres prix restent plus rigides. « La prochaine partie de la lutte contre l’inflation, soit de faire passer l’inflation d’environ 5 % à peut-être en dessous de 3 %, va être un peu plus difficile », a-t-il prévenu.

Les prix de l’énergie ont diminué de 0,6 % d’une année à l’autre, les prix de l’essence ayant chuté de 4,7 % par rapport à février 2022, mois où les prix ont commencé à augmenter en raison de l’invasion russe de l’Ukraine. Il s’agit en outre de la première baisse annuelle des prix de l’essence depuis janvier 2021.

Pendant ce temps, les prix des produits d’épicerie continuent d’augmenter rapidement, même si l’inflation globale diminue. Les prix des aliments achetés en magasin ont augmenté de 10,6 % en février par rapport au même mois l’an dernier. C’est leur septième hausse mensuelle d’affilée de plus de 10 %.

Statistique Canada a indiqué que les prix, aliments et énergie exclus, avaient augmenté en février de 4,8 % par rapport à il y a un an, après avoir grimpé de 4,9 % d’une année à l’autre en janvier.

Dans une note à ses clients, la directrice générale des études économiques de la Banque CIBC, Karyne Charbonneau, a dit s’attendre à ce que l’inflation globale descende en dessous de 3 % d’ici le mois de mai, mais a prévenu que la vigueur continue des prix des aliments et des coûts d’intérêt hypothécaires maintiendrait probablement le rythme annuel « entre 2 % et 3 % tout au long du second semestre de l’année ».

Alors que de nombreux Canadiens continuent de lutter avec le coût de la vie, le gouvernement fédéral fait face à des pressions exigeant qu’il fournisse plus d’aide dans son prochain budget, qui doit être déposé le 28 mars. Ottawa a déjà annoncé que le budget comprendrait des mesures d’aide aux Canadiens liées au coût de la vie.

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