Jetsgo a besoin de quelques semaines de plus pour se restructurer

Le transporteur Jetsgo demandera vendredi au tribunal de lui permettre de rester à l'abri de ses créanciers pendant quelques semaines de plus, le temps d'achever son plan de restructuration.

Le contrôleur de la firme RSM Richter fera alors son premier rapport sur les finances de la société qui a cessé ses activités le 11 mars dernier après avoir subi une perte de plus de 55 millions au cours du mois de janvier seulement. Jetsgo devait alors 108 millions à ses fournisseurs, à ses clients, à ses pilotes, à Nav Canada ainsi qu'aux neuf aéroports où elle possédait des installations.

Son fondateur et p.-d.g., Michel Leblanc, aurait toutefois l'intention de la relancer au plus tard le 25 juin, à temps pour la saison estivale. Il financerait ce redécollage avec le produit de la vente des 15 appareils Fokker-100 dont il est propriétaire. L'un de ses avions serait d'ailleurs sur le point d'être vendu pour 3,5 millions $US.

Les principaux créanciers de Jetsgo se sont tous dits favorables à sa restructuration. Les grands aéroports du pays, celui de Toronto en tête, souhaitent cependant obtenir un statut «superprioritaire» qui leur permettrait d'être remboursés avant les autres groupes. Ils allèguent entre autres que les frais d'amélioration aéroportuaire (FAA) perçus en leur nom par Jetsgo devrait être considéré non pas comme une dette de Jetsgo, mais bien comme une somme lui ayant été donnée en fiducie.

Si le juge leur donne raison, ils pourront exiger que le produit de la vente de certains éléments d'actif leur soit entièrement remis plutôt que de servir à financer la relance de l'entreprise. Des créanciers importants de Jetsgo, dont la société de commerce électronique Moneris, s'opposent à cette requête désavantageuse pour eux.

Le juge en chef de la Cour du Québec, François Rolland, entendra les arguments de parties les 12, 13 et 14 avril prochains. Il devrait cependant rendre une décision intérimaire sur la question dès cette semaine.

Le montant de FAA dû à la Greater Toronto Airport Authority s'élève à 2,5 millions. Les huit autres aéroports concernés réclament pour leur part un total de 1,1 million. D'après l'avocat du contrôleur financier RSM Richter, il ne reste qu'environ quatre millions dans le compte de Jetsgo et cette somme pourrait bien être épuisée d'ici une dizaine de jours.