Moneris s'oppose à un statut privilégié pour des créanciers de Jetsgo

Une famille observe un avion de Jetsgo immobilisé à l’aéroport Pearson après l’annonce de l’arrêt des vols de l’entreprise, le 11 mars dernier. À ce moment, le transporteur devait 108 millions à ses fournisseurs, à ses clients, à ses pil
Photo: Agence Reuters Une famille observe un avion de Jetsgo immobilisé à l’aéroport Pearson après l’annonce de l’arrêt des vols de l’entreprise, le 11 mars dernier. À ce moment, le transporteur devait 108 millions à ses fournisseurs, à ses clients, à ses pil

La société Moneris Solutions, qui sert d'intermédiaire dans les transactions financières électroniques, s'est opposée hier à la reconnaissance d'un statut «superprioritaire» à certains créanciers de Jetsgo parmi lesquels figurent Nav Canada et les principaux aéroports du pays.

Ces organismes sans but lucratif à qui la compagnie québécoise doit des sommes importantes invoquent des lois fédérales sur le transport en vertu desquelles ils seraient autorisés à saisir des avions ou le produit de leur vente en remboursement de leurs créances.

L'application de cette mesure, connue sous le nom de saisie-rétention, pénaliserait les autres créanciers dont Moneris est le plus important, a fait valoir l'avocat Alain Riendeau.

Jetsgo doit quelque 30 millions à l'entreprise qui exploite les terminaux et le système informatique permettant l'achat de billets par carte de guichet ou par carte de crédit tant sur Internet que dans les comptoirs de vente. Ce montant équivaut à une partie des sommes que les entreprises de services financiers Visa et Mastercard se sont engagées à rembourser aux consommateurs laissés en plan par l'arrêt des activités de Jetsgo.

Pour l'instant, les appareils MD-80 et Fokker 100 de Jetsgo sont remisés dans les hangars de la compagnie d'entretien NordTech, à Québec. Ils sont sous la responsabilité du contrôleur financier de la firme RSM Richter, Yves Vincent.

Au moment de l'arrêt de ses activités, le 11 mars dernier, le transporteur devait 108 millions à ses fournisseurs, à ses clients, à ses pilotes, à Nav Canada ainsi qu'aux neuf aéroports où il possédait des installations. L'aéroport Pearson de Toronto vient au premier rang, avec une créance de six millions. Les huit autres dont ceux de Montréal, Québec, Vancouver et Halifax, attendent près de trois millions, dont 1,1 million perçus sous forme de frais d'amélioration aéroportuaires (FAA).

Le juge en chef François Rolland a repoussé au 12 avril le début de l'audience sur leurs requêtes de saisie-rétention.

Relance des activités

D'ici là, le magistrat pourrait toutefois devoir étudier une offre pour l'un des 15 Fokker 100 que Jetsgo a acquis l'an dernier. L'acheteur serait prêt à débourser 3,5 millions pour l'appareil. Jetsgo a confirmé hier vouloir se départir de tous ces avions de ce type le plus rapidement possible. Si les créanciers sont d'accord, les fonds obtenus pourraient servir à relancer ses activités.

Maintenant qu'elle a payé ses employés, Jetsgo n'a plus que 3,5 millions dans ses coffres. «Les requérantes prennent pour acquis qu'il n'y aura plus du tout d'opérations de Jetsgo mais ce n'est pas du tout notre objectif», a affirmé au tribunal Me Louis Gouin, qui représente la société.

Mise sur pied en 2002, Jetsgo appartient à 90 % à son fondateur et président, Michel Leblanc. Le reste à détenu par le fonds Fidelity, qui a injecté 25 millions dans l'entreprise.