D’autres hausses de prix à venir dans les épiceries, dit Metro

Traditionnellement, les grands épiciers canadiens n’augmentent pas leurs prix entre le 15 novembre et le 1er février.
Photo: Stefani Reynolds Agence France-Presse Traditionnellement, les grands épiciers canadiens n’augmentent pas leurs prix entre le 15 novembre et le 1er février.

Les consommateurs doivent s’attendre à subir d’autres hausses de prix à l’épicerie dans les prochaines semaines, prévient le grand patron de Metro, Eric La Flèche. Malgré des bénéfices en hausse, il affirme que l’inflation alimentaire « n’est pas une bonne nouvelle » pour l’entreprise.

Traditionnellement, les grands épiciers canadiens n’augmentent pas leurs prix entre le 15 novembre et le 1er février. « Dans les prochaines semaines » et les « prochains mois », les consommateurs constateront d’autres hausses de prix pour certains articles vendus chez Metro, dit M. La Flèche. « On a reçu quelques milliers de demandes d’augmentation [de la part des fournisseurs], souligne-t-il. On fait beaucoup de travail pour amoindrir l’impact sur les consommateurs. »

Pour illustrer l’ampleur des pressions inflationnistes dans l’industrie alimentaire, M. La Flèche a mentionné que Metro avait enregistré près de 27 000 demandes de hausse de prix de plus de 10 % en moyenne de la part de ses fournisseurs uniquement pour les aliments secs (excluant la viande et les fruits et légumes frais) au cours de l’exercice 2022.

Au cours du premier trimestre (terminé le 17 décembre), l’inflation du panier alimentaire a été de 10 % chez Metro. Cette tendance touche l’ensemble de l’industrie, tandis que l’inflation alimentaire était de 11 % en décembre, selon Statistique Canada.

Les grands épiciers canadiens (Metro, Loblaw et Sobey’s) reçoivent une plus grande attention de la part des élus, des médias et des consommateurs, dans un contexte de flambée des prix. Les trois entreprises font d’ailleurs l’objet d’une étude du Bureau de la concurrence annoncée à la fin d’octobre. Metro se défend de profiter de la concentration de l’industrie pour augmenter sa rentabilité.

La forte inflation alimentaire « n’est pas une bonne nouvelle » pour l’entreprise, assure son président et chef de la direction. « Ça met vraiment de la pression dans le système et c’est plus difficile à gérer. » Il ajoute que les épiciers sont « le dernier maillon » de la chaîne d’approvisionnement. Les augmentations en épicerie sont plus visibles du grand public, mais la pression s’exerce tout au long de la chaîne.

10 %
C'est le taux d'inflation du panier alimentaire chez Metro, au cours du premier trimestre, qui s'est terminé le 17 décembre.

M. La Flèche affirme que Metro a également absorbé une partie de la pression inflationniste. La diminution de la marge brute, qui est passée de 19,9 % à 19,6 %, en serait une démonstration, selon lui. En 2019, avant la pandémie, la marge brute était de 19,4 % au premier trimestre.

L’augmentation des prix a tout de même permis au propriétaire des enseignes Metro, Super C et Jean Coutu de dévoiler un bénéfice net de 231,1 millions de dollars, ce qui représente une progression de 11,3 % par rapport à la même période l’an dernier, les ventes ayant augmenté de 8,2 %, à 4,671 milliards. Les ventes comparables dans le secteur de l’alimentation, une donnée qui exclut les fermetures et les ouvertures de magasins, ont augmenté de 7,5 %. Dans le secteur de la pharmacie, les ventes comparables ont progressé de 7,7 %.

Le conseil d’administration de Metro a adopté une hausse de 10 % du dividende trimestriel de la société.

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