Alphabet supprime 12 000 postes

Alphabet, maison mère de Google, comptait près de 187 000 employés dans le monde fin septembre 2022.
Mark Lennihan Associated Press Alphabet, maison mère de Google, comptait près de 187 000 employés dans le monde fin septembre 2022.

Après Amazon, Meta et Microsoft, c’est au tour d’Alphabet, la maison mère de Google, d’annoncer un plan social de grande envergure, qui prévoit la suppression d’environ 12 000 postes dans le monde, soit un peu plus de 6 % de ses effectifs totaux.

« Au cours des deux dernières années, nous avons connu des périodes de croissance spectaculaires », a indiqué Sundar Pichai, patron d’Alphabet, dans un courriel adressé aux employés du groupe. « Pour accompagner et alimenter cette croissance, nous avons embauché dans un contexte économique différent de celui que nous connaissons aujourd’hui », a-t-il ajouté, précisant que la conjoncture contraignait l’entreprise à réduire ses effectifs.

Alphabet comptait près de 187 000 employés dans le monde fin septembre 2022. Le dirigeant a également insisté sur la priorité accordée par Google au domaine de l’intelligence artificielle, vu par de nombreux spécialistes comme le prochain grand champ de bataille des géants de la techno. Le succès fulgurant du robot conversationnel ChatGPT, d’OpenAI, une jeune pousse financée par Microsoft, pourrait ainsi faire de l’ombre au célèbre moteur de recherche de Google. Plusieurs médias américains ont en effet affirmé que le groupe informatique envisageait d’intégrer ChatGPT à son propre moteur de recherche, Bing.

187 000
C’est le nombre d’employés que comptait Alphabet dans le monde fin septembre 2022.

Les salariés américains concernés par les licenciements d’Alphabet ont déjà été notifiés. Dans les autres pays, la procédure va prendre davantage de temps en fonction du droit local du travail. Aux États-Unis, les employés licenciés toucheront au moins 16 semaines de salaire, leurs bonus au titre de 2022, leurs congés payés ainsi que six mois de couverture maladie. Les salariés étrangers installés aux États-Unis pourront aussi bénéficier d’une aide dans leurs démarches juridiques s’ils souhaitent rester sur le sol américain. À l’instar de chez Google, une vague de restructurations touche depuis l’été les géants de la techno.

Amazon

Le géant du commerce électronique Amazon a annoncé le 5 janvier qu’il allait supprimer « un peu plus de 18 000 » emplois dans le monde, entre autres en Europe. Le plan de licenciement toucherait principalement les magasins gérés par le groupe et les ressources humaines. Le groupe de distribution avait recruté à tour de bras pendant la pandémie de COVID-19 pour répondre à l’explosion de la demande, doublant ainsi son personnel mondial entre le début 2020 et le début 2022. Il comptait fin septembre 1,54 million d’employés.

Meta

Meta, la maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, a annoncé en novembre dernier la suppression de 11 000 emplois, soit environ 13 % de ses effectifs. Il s’agit du premier plan social de l’histoire du groupe. Meta, qui comptait quelque 87 000 employés dans le monde fin septembre, a fait état de performances financières décevantes au troisième trimestre 2022, soit d’un net recul de son chiffre d’affaires et de ses profits ainsi que d’une stagnation de son nombre d’utilisateurs.

Microsoft

Le géant informatique américain Microsoft, invoquant l’incertitude économique et les changements de priorités de ses clients, a annoncé le 18 janvier qu’il allait licencier environ 10 000 employés d’ici la fin du mois de mars, soit un peu moins de 5 % de ses 221 000 employés.

La firme de Redwood (État de Washington) avait déjà procédé à deux séries de licenciements : une en juillet 2022, qui portait sur moins de 1 % des effectifs, et une deuxième en octobre, qui visait moins de 1000 personnes.

Twitter

À peine racheté par Elon Musk, Twitter a entamé début novembre 2022 des licenciements massifs touchant environ la moitié des 7500 employés du réseau social. Pour financer son achat de 44 milliards de dollars, le tempétueux milliardaire a lourdement endetté la société, dont la santé financière était déjà fragile en raison d’un déficit important accusé aux deux premiers trimestres de l’année.

Snap

Evan Spiegel, le patron de Snap, maison mère de la populaire application de messagerie Snapchat, a annoncé en août 2022 une restructuration conduisant à la suppression d’environ 20 % des effectifs, soit plus de 1200 employés.

Snapchat, qui compte de plus en plus d’utilisateurs, est malgré tout en difficulté, car les revenus générés sont de plus en plus faibles. Le groupe n’a jamais dégagé de bénéfice net annuel.

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