IQ International à Seattle pour séduire Boeing et Microsoft

En s’installant à Seattle, IQ International se rapproche de l’usine d’assemblage Boeing d’Everett.
Jennifer Buchanan The Seattle Times Associated press En s’installant à Seattle, IQ International se rapproche de l’usine d’assemblage Boeing d’Everett.

Le Nord-Ouest du Pacifique est cette région des États-Unis où se trouvent l’Oregon et Washington, des arbres gigantesques, des plages à perte de vue et… des multinationales parmi les plus grosses sur la planète. L’endroit tout indiqué pour représenter deux des principales industries du Québec, estime Investissement Québec (IQ) International.

IQ International a Seattle dans sa ligne de mire en 2023. L’agence, qui a pour mission d’aider les entreprises québécoises à accroître leur rayonnement à l’étranger, espère y dénicher un attaché commercial qui représentera le Québec inc. sur place. Amazon, Boeing, Microsoft, Nike… et même Starbucks ont créé au fil des ans dans le Nord-Ouest américain un pôle économique parmi les plus dynamiques du continent.

La délégation générale du Québec à Los Angeles a établi ces dernières années une présence permanente dans la Silicon Valley, dans le nord de la Californie. L’éventuel représentant québécois à Seattle serait donc sa deuxième expansion, celle-là un peu plus au nord que l’autre. La personne choisie aura comme mandat de se concentrer principalement sur les secteurs de l’aérospatiale et des technologies, deux industries très fortes à la fois sur place et au Québec.

Aéronautique en tête

« Pour nous, la proximité est manifestement une priorité, explique au Devoir le directeur responsable des États-Unis pour IQ International, Dominic Cousineau. On n’avait personne sur place pour développer ce marché. Beaucoup de sociétés québécoises de l’aérospatiale travaillent déjà avec des fournisseurs de Boeing. On veut renforcer ce réseau pour générer de nouvelles occasions d’affaires. »

En aérospatiale, il y a deux principaux pôles dans le monde : Seattle et Toulouse. Boeing et Airbus. Montréal arrive troisième. À Toulouse, Montréal est déjà bien connue, ne serait-ce qu’en raison de la présence d’Airbus à Mirabel. Se rapprocher de Seattle et de l’État de Washington faciliterait les relations avec Boeing et avec l’énorme écosystème qui gravite autour de l’avionneur : 1400 entreprises et 141 000 travailleurs qui produisent chaque année plus de 700 avions et 700 drones.

« On trouve aussi l’industrie de la défense américaine, dans laquelle Boeing est très impliquée. Certaines entreprises du Québec aimeraient développer ce secteur », ajoute Dominic Cousineau.

Percer le marché américain de la défense serait une façon de diversifier les marchés où l’industrie québécoise s’exporte. En 2021, l’aérospatiale québécoise a exporté 75 % de sa production, dont 56 % — soit la part du lion — aux États-Unis, indique IQ International.

TI et jeux vidéo

Amazon et sa filiale de services infonuagiques AWS, Microsoft, et même Google, dont la présence dans la région n’est pas négligeable, sont les principaux noms du secteur technologique qui gravitent autour de Seattle. Ce sont les exemples cités par IQ International d’entreprises auxquelles son antenne du Nord-Ouest américain devra s’attarder.

Le secteur technologique québécois comprend aussi bien des sociétés spécialisées en services informatiques (TI) qu’en production de jeux vidéo, mais les occasions d’affaires qui seront priorisées seront de la première catégorie. « Dans notre réflexion sur ce marché, on se voyait surtout offrir des services TI à des entreprises comme Nike et Starbucks, par exemple », dit Dominic Cousineau.

« Une seule personne ne pourra pas à elle seule développer tous les secteurs d’affaires, mais ça n’exclut pas qu’elle puisse aider des sociétés québécoises d’autres domaines qui auraient des demandes précises dans la région », ajoute-t-il.

Ce nouveau poste dans le Nord-Ouest du Pacifique vient avec une série d’objectifs à atteindre qui sont pour le moment tenus secrets, le temps que le gouvernement les approuve. Cela ne semble pas inquiéter IQ International, qui aimerait reproduire le modèle ailleurs. En Asie, notamment.

« Notre mandat est d’aider à la diversification des exportations, rappelle Dominic Cousineau. Les États-Unis vont toujours demeurer notre premier partenaire commercial, mais ça nous permettrait d’avoir des cibles plus ambitieuses dans d’autres pays. »

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