Seules 8,5% des entreprises de l’UE et des pays du G7 auraient quitté la Russie

Un homme transporte un sac de Leroy Marlin près du parlement russe, le 6 septembre 2022. Le détaillant français d’articles  pour la maison a choisi de maintenir ses activités en Russie malgré l’invasion de l’Ukraine.
Alexander Nemenov Agence France-Presse Un homme transporte un sac de Leroy Marlin près du parlement russe, le 6 septembre 2022. Le détaillant français d’articles pour la maison a choisi de maintenir ses activités en Russie malgré l’invasion de l’Ukraine.

Seules 8,5 % des entreprises de l’Union européenne et des pays du G7 ont quitté la Russie, selon une étude universitaire suisse publiée jeudi, qui met en cause « le discours sur un vaste exode » des entreprises depuis l’invasion de l’Ukraine.

Avant le début du conflit en février, 2405 filiales appartenant à 1404 entreprises de l’Union européenne et des pays du G7 étaient actives en Russie, ont recensé les professeurs Simon Evenett de l’Université de Saint-Gall et Niccolò Pisani de l’IMD Lausanne, un prestigieux institut de gestion des affaires.

Fin novembre, neuf mois après l’invasion de l’Ukraine, moins de 9 % du panel étudié avait déjà vendu au moins une filiale russe, les départs concernant surtout des entreprises américaines, plutôt que des entreprises européennes ou japonaises, selon leurs travaux.

À cette date, moins de 18 % des filiales appartenant à des entreprises basées aux États-Unis avaient entièrement finalisé la cession de leurs filiales russes, contre 15 % pour celles appartenant à des entreprises japonaises et 8,3 % pour celles appartenant à des entreprises de l’UE.

« De nombreuses entreprises domiciliées dans ces États ont résisté à la pression des gouvernements, des médias et des ONG de quitter la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine », note le communiqué de l’Université de Saint-Gall présentant l’étude.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer que des entreprises n’aient pas quitté la Russie. Leur activité peut, par exemple, ne pas tomber sous le coup des sanctions. D’autres peuvent ne pas vouloir se désengager en raison de l’utilité « sociétale » de leurs produits, listent les auteurs de l’étude, qui citent en exemple des médicaments essentiels.

Certaines peuvent aussi ne pas avoir trouvé d’acquéreur à un prix suffisant tandis que d’autres, même lorsqu’elles ont trouvé un repreneur, se heurtent aux obstacles que le gouvernement russe a pu mettre en place « pour entraver » ou « retarder la cession », et empêcher le rapatriement du produit de la vente.

Mais si le nombre d’entreprises occidentales qui se retirent « n’augmente pas significativement » d’ici un an ou deux, « la volonté ou la capacité de nombreuses entreprises occidentales de se dissocier de juridictions que leurs gouvernements considèrent comme des rivaux géopolitiques pourrait être remise en question », jugent-ils.

Selon leurs recherches, 120 entreprises occidentales avaient quitté la Russie fin novembre. Parmi celles qui y sont encore actives, 19,5 % sont allemandes, 12,4 % sont américaines et 7 % japonaises.

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