Pourquoi augmenter encore le taux de base de la Banque du Canada?

Le prix de l’essence à la pompe, très volatil, a poursuivi en septembre sa décélération également pour un troisième mois d’affilée.
Getty Images iStockphoto Le prix de l’essence à la pompe, très volatil, a poursuivi en septembre sa décélération également pour un troisième mois d’affilée.

Ce texte est tiré du Courrier de l’économie du 5 décembre 2022. Pour vous abonner, cliquez ici.

Selon Statistique Canada, l’indice des prix à la consommation pour l’ensemble du Canada est passé de 144 à 152,9 de décembre 2021 à juin 2202 (une augmentation de 6,2 % en 6 mois). Par contre, dans les derniers mois, de juin à septembre 2022, l’indice est passé de 152,9 à 152,7, il a donc diminué : les prix en septembre ont été légèrement moins élevés qu’en juin 2022.

Pourquoi alors augmenter encore le taux de base de la Banque du Canada, puisqu’il n’y a eu aucune inflation entre juin et septembre 2022, soit depuis que l’effet des augmentations précédentes du taux s’est manifesté ? C’est la question que se pose André Bastien, un lecteur.

En effet, les données de Statistique Canada indiquent que l’inflation mesurée par l’Indice des prix à la consommation (IPC) a reculé en septembre pour un troisième mois de suite. Elle est passée de 8,1 % (en rythme annuel) en juin à 7,6 % en juillet, à 7 % en août et à 6,9 % en septembre, pour s’y maintenir en octobre. Mais vous constatez que l’on reste loin de la cible de 2 % de la Banque du Canada, d’où la pression maintenue sur les taux d’intérêt.

Une illustration vient du prix de l’essence à la pompe, très volatil, qui a poursuivi en septembre sa décélération (d’un mois à l’autre) également pour un troisième mois d’affilée, pour ensuite remonter de 9,2 % en octobre. Mais d’une année à l’autre, les automobilistes devaient tout de même composer en octobre avec des prix de l’essence affichant une augmentation de 17,8 % par rapport au même mois en 2021. D’où ce fameux effet de base ou glissement annuel longtemps mentionné par la Banque du Canada.

Les variations d’un mois à l’autre peuvent donner une indication de la tendance à court terme. Lorsqu’il semble y avoir un point d’inflexion, on va même attendre au moins trois mois avant d’identifier ou de confirmer un début de tendance. Peut-être davantage si le prix de la composante fluctue fortement d’un mois à l’autre.

La Banque du Canada explique effectivement que les variations qui se produisent au cours d’une période de douze mois ne donnent pas une évaluation aussi actuelle des pressions inflationnistes que celles axées sur les plus récentes données. Les mesures de l’inflation sur trois mois sont donc plus actuelles, mais elles sont également plus volatiles. L’inflation sera donc généralement calculée sur un an pour lisser une partie des fluctuations des mesures de haute fréquence ou des composantes les plus volatiles.

Cela dit, pour l’impact sur les ménages, les analystes vont préférer regarder l’évolution du prix du panier de biens et services par rapport à la période correspondante de l’année précédente.

 


 

L’inflation se poursuivra-t-elle l’an prochain ? À quoi ressemblera le marché immobilier pour les propriétaires et les locataires dans les prochains mois ? Ces questions et d’autres vous traversent l’esprit ? L’équipe économique du Devoir est là pour y répondre. Écrivez-nous !

À voir en vidéo