Signes de faiblesse dans l’économie canadienne, malgré une hausse du PIB

Des grues déchargent des conteneurs au port de Vancouver, le 14 octobre dernier. Les exportations de produits pétroliers, agricoles et de la pêche ont progressé au troisième trimestre.
Darryl Dick La Presse canadienne Des grues déchargent des conteneurs au port de Vancouver, le 14 octobre dernier. Les exportations de produits pétroliers, agricoles et de la pêche ont progressé au troisième trimestre.

Le Canada a enregistré une croissance économique plus forte que prévu au troisième trimestre, avec une hausse de 0,7% du PIB, mais des économistes ont souligné que les données sous-jacentes ne brossaient pas un tableau aussi rose.

L’économie a progressé à un taux annualisé de 2,9 % pour le trimestre de juillet à septembre, a indiqué mardi Statistique Canada. Cette donnée se compare à une croissance de 3,2 % pour le deuxième trimestre.

Bien que le taux de croissance d’ensemble soit nettement plus élevé que celui attendu par les prévisionnistes, la baisse des dépenses de consommation semble montrer que la hausse des taux d’intérêt commence à affecter l’économie de manière plus générale. « Parfois, les manchettes semblent aller dans un sens et le reste est un peu différent », a souligné la directrice des affaires économiques de la Banque CIBC, Karyne Charbonneau. Les dépenses des ménages ont diminué pour la première fois depuis le deuxième trimestre de 2021, avec un recul de 0,3 %.

Dans l’ensemble, la croissance économique a été portée par une augmentation des exportations, des structures non résidentielles et de l’investissement des entreprises dans leurs stocks. La hausse des exportations a été alimentée par une augmentation des livraisons de pétrole brut et de bitume, bien qu’à des prix inférieurs. La croissance dans ces secteurs a été modérée par la baisse de l’investissement dans le logement et des dépenses des ménages.

Les économistes s’attendent généralement à ce que l’économie ralentisse plus sensiblement au quatrième trimestre, en réponse à la hausse des taux d’intérêt. Depuis mars, la Banque du Canada a augmenté son taux d’intérêt directeur six fois de suite, le portant rapidement à 3,75 %. Les hausses de taux se sont d’abord fait sentir sur le marché de l’habitation, qui s’est considérablement refroidi à mesure que les coûts hypothécaires augmentaient.

Les économistes s’attendent à ce que ces hausses de taux se répercutent sur les dépenses dans davantage de secteurs de l’économie avec le temps.

Sur une base trimestrielle, le PIB réel au troisième trimestre a augmenté de 0,7 %, dépassant l’estimation préliminaire de croissance faite précédemment par l’agence fédérale, qui visait une croissance de 0,4 %. Les données mensuelles sur le PIB réel montrent que l’économie a progressé de 0,1 % en septembre, une hausse stimulée par les industries productrices de biens. L’estimation provisoire de Statistique Canada pour octobre porte à croire que l’économie est restée stable.

Le rapport trimestriel sur le PIB donne également un aperçu de l’évolution des salaires des Canadiens.

Sur une base trimestrielle, la rémunération nominale des employés a augmenté de 1,2 %, ce qui représente sa plus faible croissance depuis le deuxième trimestre de 2020. Parallèlement, le taux d’épargne des ménages est passé de 5,1 % au deuxième trimestre à 5,7 % au troisième trimestre. À titre de comparaison, le taux d’épargne au troisième trimestre de 2019 était de 2,5 %. L’agence fédérale a noté que les taux d’épargne avaient tendance à être plus élevés pour les personnes à revenu élevé.

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