La Banque Royale achète HSBC Canada pour 13,5 milliards

Un logo de la HSBC sur un immeuble à Ottawa
Sean Kilpatrick La Presse canadienne Un logo de la HSBC sur un immeuble à Ottawa

La Banque Royale du Canada (RBC) a conclu une entente visant l’acquisition de la Banque HSBC Canada dans le cadre de ce que l’on peut qualifier de plus importante transaction à survenir sur le marché bancaire intérieur. Selon les modalités de l’entente, RBC fera l’acquisition de la totalité des actions ordinaires de la HSBC Canada pour un prix d’achat entièrement au comptant de 13,5 milliards de dollars.

Le président et chef de la direction de la Royale, Dave McKay, affirme que la transaction permettra à son entreprise de mieux servir la clientèle ayant des besoins internationaux, les nouveaux arrivants au Canada et les clients aisés qui ont besoin de capacités bancaires et de gestion de patrimoine à l’échelle mondiale.

HSBC est sous pression de la part de son principal actionnaire, l’assureur chinois Ping An, pour séparer ses activités asiatiques et occidentales et se focaliser davantage sur l’Asie. « Nous avons décidé de vendre à la suite d’un examen approfondi, qui a évalué la position relative de l’entreprise sur le marché canadien et son adéquation stratégique avec le portefeuille de HSBC », a indiqué le directeur général de la banque, Noel Quinn, selon les propos retenus par MSN. Cet examen a mis en exergue la part de marché relativement faible de HSBC au Canada. Elle représente environ 2 % des dépôts et emprunts hypothécaires au Canada.

Pour la Royale, qui cherche à s’établir comme plaque tournante pour une clientèle plus mondialisée, « HSBC Canada permet d’ajouter une clientèle et des activités complémentaires sur le marché que nous connaissons le mieux », a déclaré le président et chef de la direction, Dave McKay. « Cette opération nous permet également de nous positionner comme banque de choix des clients commerciaux ayant des besoins internationaux, des nouveaux arrivants au Canada et des clients aisés qui ont besoin de capacités bancaires et de gestion de patrimoine à l’échelle mondiale », lit-on dans le communiqué.

RBC ajoute que la banque commerciale de HSBC possède d’excellentes capacités axées sur les clients d’affaires internationaux, notamment en matière de gestion de liquidités, de financement commercial, de gestion de trésorerie mondiale et de financement durable. « L’entreprise de gestion de patrimoine et de services bancaires aux particuliers de la HSBC Canada est au service d’une clientèle aisée et, notamment, elle répond aux besoins des clients internationaux ayant des liens avec le Canada. »

Gains

 

La Banque table sur des gains de synergie de 740 millions de dollars en 2024, soit environ 55 % des dépenses actuelles de HSBC Canada, sous l’effet combiné de l’intégration de l’infrastructure technologique, de fermeture de succursales et de réduction des effectifs. Neil McLaughlin, chef de groupe des services bancaires personnels et commerciaux à la Banque Royale, a cependant indiqué qu’il y aurait des réductions, mais que la banque espérait absorber bon nombre des 4200 employés actuels de HSBC Canada.

HSBC Canada compte plus de 130 succursales, 4200 employés équivalent temps plein et plus de 780 000 clients de détail. Pour sa part, RBC compte plus de 92 000 employés à temps plein et à temps partiel dans le monde, dont près de 65 000 employés équivalent temps plein au Canada. Son actif dépasse les 1700 milliards de dollars.

La clôture de la transaction est prévue d’ici la fin de 2023, sous réserve des conditions de clôtures usuelles, y compris l’obtention des approbations des autorités de réglementation.

La dernière fois que le secteur bancaire canadien a vu une transaction de cette envergure, Canada Trust avait été acquis par le Groupe Banque TD en 1999 pour environ 8 milliards, ce qui équivaut à environ 13,1 milliards en dollars rajustés pour l’inflation.

Avec Le Devoir

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