Baisse anticipée des prix des chalets au Québec

L’engouement des dernières années pour les chalets s’estompe alors que le marché immobilier refroidit. Le prix des maisons à proximité des domaines skiables populaires du Québec devrait fléchir d’environ 7 % au cours de la prochaine année, selon un nouveau rapport de Royal LePage dévoilé mardi. La baisse des prix à l’échelle canadienne devrait, quant à elle, être moins forte, soit l’équivalent de 3 %.

Dans l’ensemble du Québec, le prix médian d’un chalet proche d’une station de ski a augmenté d’à peu près 14 % cette année par rapport à 2021, pour atteindre 488 600 $. Cette embellie devrait toutefois disparaître l’an prochain, alors que le prix médian devrait diminuer à 454 398 $, prévoit l’entreprise de courtage immobilier.

Certaines régions seront plus affectées que d’autres par les baisses de prix. En tête de liste, les chalets aux alentours de Val Saint-Côme et mont Garceau, où la médiane des prix devrait diminuer de 12,5 % en 2023 par rapport à cette année. S’ensuivent, par ordre décroissant, les régions de Mont-Tremblant (-10 %), de Stoneham et Lac-Beauport (-10 %), du mont Sainte-Anne (-8 %), de Bromont (-5,5 %), du mont Saint-Sauveur (-5 %), du mont Sutton (-4 %) et du mont Orford (-3 %).

« On a atteint un sommet », souligne Eric Léger, courtier immobilier agréé chez Royal LePage Humania, dans les Laurentides. « Depuis deux ans, les prix ont fortement augmenté et, là, on est en haut de la montagne. Est-ce que la descente est aussi abrupte que la montée ? La réponse est non. C’est normal de voir un ajustement s’opérer », estime-t-il.

Dans la majeure partie des régions, la médiane des prix en 2023 devrait rester supérieure à celle de 2021, mais les régions de Bromont, de Sutton et du mont Saint-Anne font exception.

Pouvoir de négociation

« Je dirais que l’acheteur a plus de pouvoir de négociation aujourd’hui, évalue M. Léger. Les acheteurs se montrent plus confiants et sont beaucoup plus nombreux à présenter des offres d’achat conditionnelles, ce qu’on ne voyait presque plus durant la pandémie. On voit aussi moins d’offres multiples, mais cela dépend du type de produit », explique-t-il.

Actuellement, les vendeurs réduisent déjà leur prix de vente lorsque la mise en marché initiale ne trouve pas preneur, constate M. Léger, ce qui peut donner lieu à des réductions de prix « très intéressantes » pour les acheteurs. « Dans certains cas, on voit des réductions de 30 000 $, de 50 000 $, voire de 100 000 $ dans certaines fourchettes de valeurs », illustre le courtier.

-7 %
Le prix des maisons à proximité des domaines skiables populaires du Québec devrait fléchir d’environ 7 % au cours de la prochaine année.

Et concernant les nouveaux propriétaires qui ont acheté récemment, il n’y a pas lieu de s’inquiéter, croit M. Léger. « L’immobilier n’est pas un investissement à court terme. Si on regarde dans les dernières années, les portefeuilles immobiliers ont été des placements très profitables », ajoute-t-il.

Très chers dans le reste du Canada

À l’échelle canadienne, le prix médian d’un chalet reste encore beaucoup plus élevé qu’au Québec. En 2022, il atteignait 1 042 700 $, en hausse de 15 % par rapport à l’année précédente. Si les prix des chalets canadiens résisteront, dans l’ensemble, mieux qu’au Québec en 2023, ils devraient tout de même baisser de 3 %, selon Royal LePage, alors que le prix médian devrait s’établir à 1 011 451 $ l’année prochaine.

En Colombie-Britannique, les chalets de Whistler encaisseront une chute des prix de 10 %, tout comme à Revelstoke (-10 %) ou à Invermere (-8 %). Mais dans certaines régions, les prix devraient plutôt continuer de grimper, comme au mont Washington et dans la vallée de Comox (+8 %), sur l’île de Vancouver, à Sun Peaks (+8 %) ainsi qu’à Big White (+7 %).

Les acheteurs américains se précipitent

À la suite de l’annonce du gouvernement Trudeau, dans son budget 2022, d’interdire l’achat de propriétés non récréatives par les étrangers pour une période de deux ans à compter du 1er janvier 2023, bon nombre d’Américains se seraient précipités pour acheter un chalet au Canada avant l’entrée en vigueur de cette mesure… Même si celle-ci ne concerne pas ce type de propriété.

Selon un récent sondage mené par Léger pour le compte de Royal LePage auprès de citoyens américains vivant dans les États frontaliers, 75 % d’entre eux qui possèdent actuellement un chalet au Canada ont dit avoir fait leur achat à la suite de l’annonce de cette mesure.

454 398 $
Selon les prévisions de Royal-Lepage, ce devrait être le prix de vente médian des chalets au Québec l’année prochaine.

Ce sondage a été mené entre le 8 et le 14 novembre auprès de 1506 citoyens américains âgés de plus de 18 ans vivant dans les États frontaliers du Canada.

Concernant les données de prix médians pour les principales régions de ski au pays, celles-ci ont été compilées et analysées par Royal LePage pendant la période du 1er janvier 2022 au 31 octobre 2022, comparativement à la même période en 2021.

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