L’effet des hausses de taux sera fort, croit Stephen Poloz

Stephen Poloz a donné son point de vue sur la situation de l’économie lors d’une conférence à Ottawa organisée par la Ivey Business School de l’Université Western.
Adrian Wyld La Presse canadienne Stephen Poloz a donné son point de vue sur la situation de l’économie lors d’une conférence à Ottawa organisée par la Ivey Business School de l’Université Western.

Le plein effet des hausses de taux d’intérêt ne s’est pas encore fait sentir — et il sera « encore plus puissant » que ce que plusieurs prévoient, a estimé jeudi l’ex-gouverneur de la Banque du Canada Stephen Poloz.

S’exprimant lors d’une conférence à Ottawa organisée par la Ivey Business School de l’Université Western, l’ancien gouverneur a prévenu jeudi que l’économie d’aujourd’hui était plus sensible aux taux d’intérêt qu’elle ne l’était il y a 10 ans.

« Quelqu’un ici pense-t-il que la sensibilité de l’économie aux fluctuations des taux d’intérêt est moindre aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a cinq ou dix ans ? a demandé M. Poloz. Je pense que [c’est] plus sensible aujourd’hui qu’avant. »

M. Poloz estime que l’inflation annuelle tombera d’elle-même à environ 4 % à mesure que les facteurs externes, tels que la hausse des prix des matières premières, s’atténueront.

L’inflation annuelle était de 6,9 % en octobre, les plus récentes données disponibles de Statistique Canada.

Selon M. Poloz, l’action politique devra faire le reste du travail pour ramener l’inflation à l’objectif de 2 % de la banque centrale.

« Je pense que les actions qui sont entreprises pour nous y amener se révéleront encore plus puissantes que ce que beaucoup de gens pensent », a-t-il affirmé.

Même si la forte inflation a persisté plus longtemps que les projections initiales de la Banque du Canada, M. Poloz a défendu l’utilisation du mot « transitoire » pour décrire les pressions inflationnistes, notant que les facteurs internationaux contribuant à l’inflation, tels que les retards de la chaîne d’approvisionnement, se dissipaient déjà.

« En d’autres termes, la partie de l’inflation qui est due à l’extérieur est vraiment transitoire. C’est correct d’utiliser le mot “transitoire” », a-t-il fait valoir.

Cependant, l’ancien gouverneur de la banque centrale affirme qu’il faut du temps pour que cette évolution se reflète dans l’inflation annuelle.

Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a notamment qualifié l’inflation de « transitoire » — c’est-à-dire temporaire — lorsqu’elle a commencé à s’emballer.

Depuis lors, il s’est éloigné de cette caractérisation et a souligné que l’économie nationale était en surchauffe et que l’inflation ne reviendrait pas à la cible sans l’action de la banque centrale.

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