L’OCDE donne la priorité à la lutte contre l’inflation

Partout à travers le monde, la pression inflationniste engendre une baisse de la croissance économique.
Photo: Money Sharma Agence France-Presse Partout à travers le monde, la pression inflationniste engendre une baisse de la croissance économique.

« L’économie mondiale subit sa plus grave crise énergétique depuis les années 1970. » La croissance économique dans le monde ralentit sous l’effet de l’inflation, constatait mardi l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), préconisant une poursuite de la hausse des taux d’intérêt et des aides gouvernementales plus ciblées pour en venir à bout.

Selon ses dernières projections, la hausse du PIB mondial devrait atteindre 3,1 % cette année, soit à peine plus de la moitié des 5,9 % réalisés l’an dernier. La baisse se poursuivra l’an prochain avec une croissance qui plafonnera à 2,2 %, avant de remonter à 2,7 % en 2024, prédit l’organisation, qui a très légèrement relevé sa projection pour 2022 par rapport à septembre, tout en maintenant inchangée celle pour l’an prochain.

« Une fin de la guerre et une paix juste en Ukraine seraient le moyen le plus efficace pour améliorer les perspectives économiques mondiales », a déclaré lors d’une conférence de presse le secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, tout en condamnant une « guerre d’agression de la Russie ».

« La croissance est en berne, l’inflation élevée est persistante, la confiance s’est érodée et l’incertitude est élevée », a déploré l’organisation, qui regroupe 38 États.

« L’économie mondiale subit sa plus grave crise énergétique depuis les années 1970 », affirme l’économiste en chef par intérim de l’OCDE, Álvaro Santos Pereira. « Le choc énergétique a amené l’inflation à des niveaux inédits depuis plusieurs décennies et fait baisser la croissance partout à travers le monde », poursuit l’économiste. La hausse des prix devrait atteindre 8 % au quatrième trimestre cette année dans les pays du G20, qui regroupe les principales économies de la planète, avant de retomber à 5,5 % en 2023 et 2024, selon les projections de l’organisation.

Des aides « mieux ciblées »

Mathias Cormann estime que la pression inflationniste diminue, tout en appelant les banques centrales à poursuivre fermement leur politique de hausse des taux d’intérêt. « Nous nous attendons à ce que l’inflation diminue progressivement grâce aux effets de politiques monétaires plus restrictives, d’une diminution dans le temps des pressions sur la demande et les prix de l’énergie et d’une normalisation des coûts de transport et des délais de livraison », a-t-il précisé.

Une fin de la guerre et une paix juste en Ukraine seraient le moyen le plus efficace pour améliorer les perspectives économiques mondiales

 

Mais il a souligné qu’il y avait toujours une possibilité que « l’activité économique s’affaiblisse encore davantage si les prix de l’énergie montent encore plus ou si des dérèglements affectent les marchés du gaz et de l’électricité en Europe et en Asie ».

Le secrétaire général de l’OCDE a reconnu que les aides gouvernementales avaient jusqu’ici été utiles pour protéger les ménages et les entreprises, mais a jugé qu’à l’avenir, ces aides « devraient être temporaires et mieux ciblées ». « Cela permettrait d’en limiter le plus possible le coût budgétaire, de concentrer [les aides] sur les plus vulnérables et de préserver les incitations à réduire la consommation énergétique », a-t-il expliqué.

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