Un nuage de données de Google pour revaloriser Montréal

Cette technologie offrira un portrait de la vitalité du centre-ville de Montréal.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Cette technologie offrira un portrait de la vitalité du centre-ville de Montréal.

Quel impact les chantiers routiers ont-ils sur la vitalité du centre-ville de Montréal ? Qui, des cyclistes ou des automobilistes, visite davantage les commerces locaux ? On aura bientôt les réponses à ce genre de questions grâce à un tout nouveau tableau de bord infonuagique créé par la Société de développement commercial (SDC) Montréal centre-ville en collaboration avec Google Cloud.

« On n’avait jusqu’ici accès à pratiquement aucune de ces données », dit le directeur général de SDC Montréal centre-ville, Glenn Castanheira. « Qu’est-ce qui influence vraiment l’achalandage ? On n’avait vraiment pas de données là-dessus. Ça n’existait pas, ou c’était détenu par des entreprises privées. »

Pour sa plateforme, la SDC pigera dans les données fournies en temps réel par des partenaires comme la solution de paiement Moneris, le service de comptage de piétons et de cyclistes Eco-Compteur, Bixi Montréal et Statistique Canada, entre autres. Ces données seront regroupées sur une plateforme infonuagique créée par les employés montréalais de Google. Le tout prendra la forme d’un tableau de bord qui donnera un portrait de la vitalité de la partie du centre-ville située entre les rues Atwater, Saint-Urbain, Saint-Antoine et Sherbrooke.

« Nous voulons connaître le comportement des gens et aider les entreprises de tous les secteurs — hôtellerie, commerce, restauration. Nous voulons ensuite pouvoir nous comparer avec d’autres centres-villes : Toronto et Vancouver, évidemment, puis Chicago, Boston et peut-être New York, aux États-Unis », dit Glenn Castanheira.

Selon l’organisme montréalais, bien que d’autres villes en Amérique du Nord compilent différentes données comme celles utilisées dans son tableau de bord, il n’existerait pas à l’heure actuelle une solution unifiée comme celle créée avec Google.

Un tableau de bord public ?

Ce tableau de bord est présentement encore en développement. SDC Montréal centre-ville souhaiterait le rendre accessible au public au plus tard le printemps prochain. Pour ce faire, certaines clauses de confidentialité liées aux données reçues par certains fournisseurs devront être éliminées. S’il n’y parvient pas, l’organisme publiera plutôt des rapports trimestriels tirés de sa plateforme.

Peu importe la formule, SDC Montréal centre-ville veut démystifier pour de bon la situation économique du centre-ville. « On veut pouvoir distinguer l’opinion des faits. Où se concentre la criminalité ? Où vont magasiner les cyclistes ou les automobilistes ? C’est le genre d’information qu’on pourra produire », dit son directeur général.

La Société de développement commercial, qui représente près de 5000 entreprises, analysera les corrélations entre toutes ces données et en fera ressortir de grandes tendances sur la façon dont les travailleurs, les consommateurs et les commerçants du centre-ville se comportent. Elle espère que cela l’aidera à prendre les bonnes décisions pour mieux rehausser l’attrait du centre-ville de la métropole auprès de toutes ses clientèles.

La SDC pourra également formuler des recommandations, qu’elle transmettra aux autorités pertinentes, comme la Ville de Montréal. « Nous voulons aider à distinguer l’opinion des faits », affirme M. Castanheira. Par exemple, la SDC aimerait dissiper l’impression que les bureaux du centre-ville sont déserts, alors que le taux d’occupation avoisine les 80 %. « Ensuite, nous voulons aussi aider la Ville à prendre les bonnes décisions. Nous ne sommes pas un lobby, nous voulons aider la Ville à mieux se développer. »

La SDC Montréal centre-ville espère surtout que cette technologie aidera à accroître l’activité économique du centre-ville. L’organisme est d’ailleurs à la recherche de nouveaux ensembles de données provenant d’autres organisations pour les ajouter à son tableau de bord. L’utilisation des stationnements sur rue ou des stationnements publics est cité comme exemple. L’idée est de dresser le portrait le plus représentatif possible du centre-ville. En version numérique.

Une version précédente de ce texte qui indiquait que le taux d’occupation des bureaux du centre-ville avoisinait les 80 % a été modifiée.

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