Le Canada se compare avantageusement à d’autres pays

Au Canada, le taux d’inflation annualisé a chuté de 8,1% en juin à 6,9% en octobre.
Photo: David Afriat Archives Le Devoir Au Canada, le taux d’inflation annualisé a chuté de 8,1% en juin à 6,9% en octobre.

Un grand nombre de Canadiens sont durement frappés par le plus haut taux d’inflation depuis plusieurs décennies, mais, maigre consolation, une comparaison mondiale démontre que le pays a une meilleure posture que plusieurs autres puissances.

Au Canada, le taux d’inflation annualisé a chuté de 8,1 % en juin à 6,9 % en octobre.

Même si ce taux demeure supérieur à la cible canadienne, qui se situe à 2 %, il est largement inférieur à celui des États-Unis, du Royaume-Uni et dans l’Union européenne.

Douglas Porter, économiste principal à la Banque de Montréal, avance que le jeu de comparaison est délicat, car les pays ne calculent pas tous le taux d’inflation de la même façon. Il est toutefois d’avis que le Canada s’en tire mieux pour le moment.

« Même en tenant compte de cela, il faut retenir que l’inflation, au Canada, est inférieure à celles des principales puissances économiques mondiales », dit-il.

M. Porter constate que les premiers de classe dans ce domaine sont la Suisse, le Japon et la Chine, où l’inflation stagne de 2 % à 3 %.

Aux États-Unis, le rythme de l’inflation semble avoir fléchi en octobre. Il s’élevait à 7,7 %, ce qui a agréablement surpris les experts.

L’économiste attribue la plus forte pression inflationniste aux États-Unis à deux causes : une relance post-pandémique plus rapide et une politique fiscale plus dynamique pour la relance.

M. Porter rappelle que l’inflation est particulièrement élevée en Europe à cause de sa dépendance envers les ressources énergétiques de la Russie.

Le taux de l’inflation, au Royaume-Uni, s’est élevé à 11,1 % en octobre, son pire résultat en 41 ans. Dans l’Union européenne, la situation n’est guère plus rose, puisque l’inflation est à 10,6 %.

L’Europe a imposé des sanctions à la Russie à la suite de l’invasion de l’Ukraine. En représailles, Moscou a coupé son approvisionnement en gaz naturel, soulevant ainsi des craintes pour l’arrivée des températures hivernales.

« C’est la raison principale pour laquelle le taux d’inflation en Europe est si supérieur à ceux de l’Amérique du Nord », mentionne Douglas Porter.

Les banques centrales ont réagi en augmentant les taux d’intérêt, une politique qui vise à ralentir la croissance économique.

Certains ont critiqué la Banque du Canada pour avoir attendu trop longtemps pour suivre le mouvement. Toutefois, M. Porter estime qu’elle s’est montrée plus rapide et plus dynamique que ses semblables.

« La Banque du Canada l’a fait plus tôt que les autres banques centrales. C’est pour ça que notre inflation est un peu inférieure, ici », affirme-t-il.

La banque centrale canadienne a augmenté son taux directeur six fois d’affilée depuis le mois de mars. Il est passé de 0,25 % à 3,75 % au cours de cette période. Son gouverneur, Tiff Macklem, a déjà prévenu les Canadiens que d’autres hausses pourraient être annoncées.

La Réserve fédérale américaine a également commencé à augmenter son taux directeur en mars. Celui-ci s’élève à 4 %.

La Banque d’Angleterre et la banque centrale européenne affichent respectivement un taux directeur de 3 % et de 1,5 %

M. Porter soutient que des mesures encore plus dynamiques de la banque centrale du Canada et de la Réserve fédérale américaine pourraient ralentir encore plus l’inflation.

Il prévient que le chemin ne sera pas facile.

 

« Nous devons nous préparer à une longue lutte pour parvenir à contrôler l’inflation », lance-t-il.

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