FTX, grand nom de l’échange de cryptomonnaies, est en faillite

La débâcle de FTX a étourdi le monde de la cryptomonnaie : il y a un peu plus d’une semaine, le groupe était considéré comme la deuxième plateforme d’échanges de cryptomonnaies au monde. L’instabilité exacerbée du secteur a fait plonger les cryptomonnaies sur la semaine, et le bitcoin perdait vendredi 5,8 %, à 16 784 $US, au plus bas depuis novembre 2020.
Kin Cheung Associated Press La débâcle de FTX a étourdi le monde de la cryptomonnaie : il y a un peu plus d’une semaine, le groupe était considéré comme la deuxième plateforme d’échanges de cryptomonnaies au monde. L’instabilité exacerbée du secteur a fait plonger les cryptomonnaies sur la semaine, et le bitcoin perdait vendredi 5,8 %, à 16 784 $US, au plus bas depuis novembre 2020.

La société américaine FTX, l’une des principales plateformes d’échanges de cryptomonnaies, a annoncé vendredi le dépôt de son bilan et la démission de son patron et fondateur, jusqu’ici considéré comme étant à l’origine de l’un des plus grands succès de l’univers de la cryptomonnaie.

Dans un communiqué publié sur Twitter, la compagnie a annoncé que son fondateur, Sam Bankman-Fried, 30 ans, jusqu’ici multimilliardaire, avait démissionné et que le groupe invoquait la loi sur les faillites.

Dans la tourmente depuis une semaine, FTX s’est volontairement mise sous la protection de la loi américaine sur les faillites, dernier épisode de la déroute éclair d’un acteur majeur du secteur peu régulé des cryptomonnaies.

« FTX Trading […] et approximativement 130 entreprises affiliées de FTX Group ont débuté la procédure volontaire du chapitre 11 » afin d’« évaluer et de monétiser [leurs] actifs », a annoncé l’entreprise sur son compte Twitter. Ce système permet à une compagnie de restructurer ses dettes sous la supervision d’un tribunal tout en poursuivant ses opérations.

Dans un tweet, le fondateur de FTX a présenté ses excuses. Sam Bankman-Fried, dit « SBF », a été remplacé par John J. Ray III, et « restera pour aider à une transition dans les règles ».

Débâcle éclair

La débâcle de FTX a étourdi le monde de la cryptomonnaie : il y a un peu plus d’une semaine, le groupe était considéré comme la deuxième plateforme de cryptomonnaies au monde, et « SBF » comme l’interlocuteur privilégié des régulateurs à travers le monde. Le groupe était évalué à quelque 32 milliards de dollars américains.

Mais, selon les médias américains, la fortune de « SBF », forte de quelque 16 milliards, s’est évaporée en quelques jours.

La déconfiture s’est fait jour lorsque des informations de presse ont révélé que son fonds Alameda Research investissait dans des cryptoactifs émis par FTX.com dans un montage financier hasardeux qui risque de révéler des conflits d’intérêts majeurs. « On ne sait pas ce qui s’est passé, mais il semble qu’il y ait eu beaucoup de mauvais comportements », commentait à CNBC vendredi Howard Fischer, un ancien avocat pour la Securities Exchange Commission (SEC), le gendarme de la Bourse américaine, dénonçant un manque de transparence. Il prévoyait que des clients allaient aussi entamer des procès pour récupérer leurs investissements.

Le groupe fait l’objet d’une enquête de la Securities Exchange Commission et du Département de la justice de New York, selon le New York Times, citant des sources proches de l’enquête.

« Je ne peux commenter aucune possible enquête », avait indiqué jeudi le président de la SEC, Gary Gensler, à la chaîne CNBC. Depuis son arrivée à la tête des autorités boursières, le patron de la SEC a poussé pour davantage de transparence dans le secteur des cryptoactifs. « Quand vous mélangez l’argent de clients, un manque de transparence, des emprunts contre cet argent et du courtage, les investisseurs en font les frais », a-t-il prévenu alors qu’il était interrogé sur ce dossier.

Kevin O’Leary, président d’une société de capital de risque et personnalité télévisuelle qui avait investi dans FTX, plaidait haut et fort vendredi pour davantage de garde-fous et de régulation dans le secteur : « Il est temps de mettre des règles en place. On touche maintenant le fond du marché de la crypto alors qu’un acteur majeur a été réduit à zéro. »

« J’ai perdu de l’argent, mais je vais encore investir dans ce secteur », affirmait-il à CNBC.

Les déboires de FTX ont aussi été accentués par le numéro un du secteur, Binance, qui a annoncé vendre une cryptomonnaie liée au groupe FTX dimanche, puis a offert de racheter FTX.com mardi avant de se rétracter mercredi.

 

L’instabilité exacerbée du secteur a fait plonger les cryptomonnaies sur la semaine, et le bitcoin perdait vendredi  5,8 %, à 16 784 $US, au plus bas depuis novembre 2020. L’ether, une autre monnaie virtuelle, lâchait aussi plus de 5 %, à 1940 $US.

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